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"L'écrivain est celui qui cherche autant en lui qu'en les autres", Antonio Soler
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Lectures de René Ouellet

   

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Notre bloggeur invité d’aujourd’hui est René Ouellet, auteur de la saga Le sentier des Roquemont. Il nous fait partager ses choix de lectures.

« Une question qui m’est fréquemment posée est la suivante : que lisez-vous en ce moment ? Comme plusieurs le savent (voir mon site internet) je suis devenu écrivain sur le tard, soit au trois quart d’une carrière professionnelle d’avocat, à l’âge de 50 ans, soit en 1991, en publiant LE CHEMIN DU PRINTEMPS qui s’est mérité un prix littéraire à Paris. Par la suite, j’ai publié des nouvelles en collaboration avec d’autres écrivains, pour couronner le tout avec une trilogie LE SENTIER DES ROQUEMONT, tome I Les racines (2006) tome II-Le passage du flambeau (2007) et le tome III qui est complété, mais ne sera en librairie qu’en août ou septembre 2008.Pour tout vous dire, quand j’écrivais en même temps que je pratiquais le droit, j’avais, comme on dit, peu de temps à consacrer à la littérature comme telle, sauf en regard des recherches que j’avais à faire pour mes écrits à venir. Il faut dire que de 1995 à 2006, j’ai planché sur la trilogie qui fait approximativement 1450 pages… Ce qui ne me laissait pas le temps de lire beaucoup.Par contre, pendant ces derniers dix ans, j’ai lu au moins une dizaine de romans par année. Contrairement à ce que les gens pensent, un écrivain n’a pas à craindre de lire d’autres auteurs, au contraire, cela lui est bénéfique. Autant sur la forme que le fond.Par exemple, si un écrivain cherche un sujet de roman intéressant, il a tout avantage à feuilleter les succès de librairie dans la catégorie recherchée, afin de tenter de tester l’intérêt des lecteurs. Dans ces lectures, un écrivain regarde tout autant le fond que la forme.Écrire un livre, c’est raconter une histoire, et en la racontant bien. Tous connaissent des gens qui, bien qu’ayant une bonne blague à raconter, manquent toujours leur coup parce qu’ils ne savent pas doser leur récit et identifier le point de chute (punch) C’est pourquoi, particulièrement dans les romans policiers, sauf exception, on ne connaît le coupable qu’à la fin…

Pour répondre à la question, pendant ces 10 dernières années, j’ai surtout lu des romans structurés, comme celui que je voulais terminer, soit une saga à caractère historique comportant une multitude de dates, de nombreux personnages et plusieurs thèmes menés de front. En effet, si j’avais écrit LE SENTIER DES ROQUEMONT seulement à partir de mes émotions, je ne m’y serais jamais retrouvé et l’ouvrage aurait été rempli de redondances, d’oublis, et de contradictions. J’ai donc lu du Balzac et surtout plusieurs romans d’Émile Zola. Quant l’intérêt de l’intrigue ne me satisfaisait pas autant que je l’aurais voulu, je continuais quand même la lecture jusqu’à la dernière page pour voir comment l’auteur allait s’en sortir. Il s’agissait donc de lectures d’intérêt et, du moment qu’il s’agissait d’auteurs reconnus, je me faisais un devoir de lire les livres jusqu’à la dernière ligne. Avant de s’attaquer à un sujet, Émile Zola allait parfois jusqu’à un an à se documenter sur un sujet avant d’écrire une première ligne. Ce qui fut le cas dans GERMINAL. Comme ses récits comportaient des personnages qui revenaient souvent dans plusieurs romans, il se devait d’avoir des plans élaborés.

Ainsi, on m’avait dit que Céline était un auteur extraordinaire et j’ai lu AU-DELÀ DE LA NUIT. Je n’ai pas aimé le livre, mais je l’ai néanmoins terminé, retenant plus les techniques d’écriture : ainsi, en cours de lecture, on se demandait à quel moment tel personnage allait revenir. Cet écrivain m’a donc tenu en haleine avec ce personnage que je trouvais intéressant et qui revenait une fois par-ci, une fois par-là. Mais la leçon a porté et dans un roman à suspense, la recette est magique.

Donc, pour écrire LE SENTIER DES ROQUEMONT, j’ai effectué, en plus des lectures de recherches (j’avais 30 dossiers traitant des sujets divers sur lesquels je devais me renseigner), des lectures d’intérêt général. Ce qui m’a amené à faire un plan tellement détaillé, qu’il couvrait les quatre murs de mon sous-sol. En somme, ce fut pratiquement un travail d’architecture : il fallait que les événements du début soient (comme un solage de maison) suffisamment étoffés pour supporter les autres événements qui allaient suivre (les étages de la bâtisse). Le récit ainsi mis en place me permettait de tomber dans la vraie littérature, soit raconter l’histoire à mon rythme, en réservant des surprises, en donnant des indices, en répartissant les zones d’intérêt, de plaisirs, de peines, de conquête, etc.

Depuis que ma trilogie est terminée, j’ai voulu dernièrement lire des ouvrages en dilettante, un peu comme un touriste qui flâne dans les rues. J’ai commencé à lire HÉLÈNE DE CHAMPLAIN de Nicole Fyfe-Martel et la POUSSIÈRE DU TEMPS de Michel David parce que je connais les auteurs. Mais je n’ai pas terminé encore. Je veux lire bientôt la trilogie de Marie Laberge. Mais je me rends compte que je ne lis pas vraiment d’une manière libre, me comparant sans cesse à ceux qui ont écrit d’autres trilogies. Pour le moment, je ne peux donc pas commenter ces romans que je n’ai pas encore terminés.

Comme j’ai toujours été un homme aimant l’histoire, j’ai décidé de prendre un peu de repos et je me suis mis à lire, il y a trois semaines, LES SEPT SŒURS écrit par Anthony Sampson : il s’agit d’un essai sur la formation des 7 grandes pétrolières paru en 1975. Fort intéressant quand on se demande pourquoi les états souverains comme les États-Unis et le Canada ont perdu le contrôle de leurs propres richesses naturelles!!! Je n’ai pas terminé, mais à chaque chapitre, je me suis rendu compte que je pouvais y trouver matière à concocter des intrigues pour un futur roman…

Alors, je vais le terminer, c’est certain, mais je crois que je dois, pour me reposer, m’en aller vers la poésie pour un certain temps… Aussi, j’écoute beaucoup de chansons, car un de mes auteurs préférés est le parolier Luc Plamondon. Voyez comme ses rimes dans NOTRE DAME DE PARIS sont parfaites et sonnent tout autant que la mélodie… Alors, en bouquinant la semaine dernière, je me suis surpris à chercher le livre COMMENT ÉCRIRE DES CHANSONS, alors que j’ai déjà tout lu pendant les fêtes celui de Stephan Venne LE FRISSON DES CHANSONS…

Trois petites chansons pourraient être moins longues, probablement, à écrire, qu’une trilogie de 1500 pages… »

Merci à René Ouellet de nous avoir fait partager ses choix de lectures !

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Classé sous: Entrevue d'auteur

Publié par Bloggeur invité à 9:56

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