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août
12

Entrevue avec Marc Levy

   

marcLevy

Marc Levy était l’une des têtes d’affiche des Correspondances d’Eastman, qui se sont déroulées du 6 au 9 août. Tristan Malavoy de Voir en a profité pour causer un peu de son neuvième roman, Le Premier Jour, avec celui dont les précédents se sont écoulés à 17 millions d’exemplaires dans le monde.

premierJour
Nous rejoignons Marc Levy à son bureau de New York, où il travaille d’arrache-pied à ce qui sera la suite du Premier Jour. Au moment où il décroche le combiné, un violent orage sévit sur la Grosse Pomme. « Un truc incroyable, je n’ai jamais vu ça… » nous dit-il, conscient de l’étonnante coïncidence: dans son plus récent livre, la foudre joue un rôle majeur, agissant comme révélateur des étonnantes propriétés d’un bijou trouvé au fond d’un volcan africain, objet que les scientifiques n’arrivent pas à dater et qui se révélera être lié aux origines mêmes de l’humanité.

Entrevue concept, donc, que même la puissante machine promo de Robert Laffont n’aurait pu concevoir. La ligne n’ayant pas été coupée – « C’est presque miraculeux », croit Levy -, nous avons eu le temps de creuser un peu cette folle histoire, cette rencontre d’une archéologue, Keira, et d’un astrophysicien, Adrian, dont l’équipée improvisée transformera complètement leur lecture du monde. « J’avais ce livre en tête depuis quatre ans. L’idée m’en est venue, en fait, alors que j’écrivais Les Enfants de la liberté. L’idée d’écrire un livre d’aventures, avec la liberté de l’imaginaire qui vient avec, la place que l’on peut y accorder aux grands espaces, tout ça faisait son chemin en moi », explique ce grand lecteur de Ludlum et Cie.

Livre d’aventures, oui, avec des accents de romans d’espionnage, même – les faits et gestes de Keira et Adrian sont épiés par un réseau d’hommes puissants, agissant dans l’ombre -, mais aussi livre qui se frotte aux plus grandes interrogations humaines. « La question que se pose mon narrateur à la première page, « Où commence l’aube ? », je me la suis posée enfant. D’où l’on vient? Quand sont apparus exactement les hominidés ? Ça a été tout un défi de me lancer sur cette piste-là. Il y a quelques années encore, je ne l’aurais pas fait, d’ailleurs, je n’étais pas prêt. Et encore là, quand je me retournerai dans quelques années, je dirai sans doute que j’aurais dû attendre encore. Mais ça fait aussi la beauté de ce travail, n’être sûr de rien », souligne le romancier, qui assure avoir trouvé l’écriture du Premier Jour particulièrement exigeante. Il faut dire que certains passages ont nécessité des recherches assez poussées, dans les champs de l’archéologie et de l’astronomie notamment.

C’est qu’il fallait donner une consistance, une épaisseur au mystère. Parce que la trame a beau s’appuyer sur des recherches et théories bien réelles, on bascule bientôt du côté de la SF et de l’invention pure. « Il était en effet important pour moi qu’autour de la part de fiction, il y ait des choses très incarnées, crédibles et vérifiables. »

Quand on demande à Marc Levy, quelle place occupe chez lui la correspondance, on l’entend sourire. « Figurez-vous que j’ai réalisé quelque chose : dans presque tous mes romans, la résolution de l’énigme passe par le prisme d’une lettre. Ça s’est imposé sans que j’en sois bien conscient, alors le moins qu’on puisse dire, c’est que la correspondance a chez moi une place particulière. Et puis je corresponds beaucoup avec mes lecteurs… »

Découvrez également l’entrevue de Marc Levy avec Karine Vilder de 7 Jours.

Votre dernier roman débute par «Où commence l’aube ?» Est-ce une question que vous vous êtes aussi souvent posé ?

En regardant les étoiles dans le ciel, je me demande en effet souvent de quelle façon tout a commencé. Comment la vie est-elle apparue ? Est-ce que l’Univers suit un ordre logique dont le sens nous est encore inconnu ou est-ce que la vie avec un grand V n’est qu’une symphonie et un désordre poétique ?

Dans ce roman, les personnages sont à la recherche du premier homme et de la première étoile. Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter une histoire qui remonte aussi loin dans le temps ?


Enfant, je crois que je rêvais un peu d’être astrophysicien ou archéologue. J’ai eu envie d’écrire un roman d’aventures, une histoire sans préjugés qui fait voyager le lecteur d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre. J’ai aussi eu envie de grands espaces et de m’embarquer dans des univers mystérieux pleins d’intrigues et de rebondissements.

Est-ce que vous vous y connaissiez en astrophysique ou en anthropologie avant d’entreprendre la rédaction de ce roman ?

Hélas, je ne suis ni archéologue ni astrophysicien et j’ai dû entreprendre pendant des mois et des mois bien des recherches pour tisser cette histoire, sans parler de toutes les nuits consacrées à la lecture. Pour une fois, j’ai été un élève studieux ! Mais faire ces recherches a été pour moi un moment passionnant du processus d’écriture de ce roman.

Le premier jour nous transporte au Chili, en Angleterre, en Éthiopie, au Kenya, en Allemagne, en Asie… Est-ce que vous avez vous-même visité tous ces endroits pour pouvoir les décrire ?

Pour certains oui, pour d’autres non. J’ai dans ce dernier cas-là aussi travaillé sur la documentation. Hélas encore, il m’a été impossible de survoler la Birmanie en rase-mottes, et puis, comme j’ai le vertige, je ne me suis pas aventuré à tester la périlleuse escalade que vivent Adrian et Keira ! Sérieusement, certains lieux étaient inaccessibles ou difficiles à atteindre, tandis que d’autres ont fait l’objet d’un repérage minutieux pour coller à la réalité.

 

 

Quand devrait sortir la suite du Premier jour ?
 
 

 

 

J’espère publier La première nuit à la fin de l’année. Je suis en train d’y mettre la dernière touche ; je vais y consacrer tout l’été. Alors cette année, pas de vacances !

Comment savez-vous que vous tenez le sujet de votre prochain roman ?

C’est comme en amour : il y a un moment où il est évident que vous tenez la bonne personne.

Vous publiez pratiquement un livre par année. Comment faites-vous pour écrire et trouver vos idées aussi vite ?


En fait, il n’y a pas tant de métiers que cela où l’on ne fait qu’une seule chose par an… Je suis un artisan et, comme tout artisan, j’aime mon métier, j’aime être dans mon atelier et j’aime travailler, car c’est un métier assez ludique et vraiment passionnant… Chaque nouveau roman est pour moi l’occasion d’une rencontre avec un nouvel univers et de nouveaux personnages qui resteront comme des amis, même s’ils sont invisibles.

Quels sont vos rituels d’écriture, si vous en avez ?

Je n’en ai aucun, hormis le fait que je travaille surtout la nuit parce le moment est plus calme. Il y a une certaine magie qui s’installe au milieu de la nuit et qui vous fait oublier le monde autour de vous. Mon seul rituel est que j’aime écrire sur une table en bois et que la photo de ma grand-mère se trouve toujours devant moi.

Vous avez tour à tour été secouriste pour la Croix-Rouge, à la tête d’une entreprise d’imagerie de synthèse, à la tête d’un cabinet d’architecture de bureau et écrivain. Est-ce que votre prochaine carrière va être en cinéma ?

J’espère surtout pourvoir continuer d’écrire longtemps. Le cinéma me fascine, mais c’est un métier qui demande talent et compétences, et je ne sais pas du tout si j’ai les capacités requises. Je ne crois pas qu’on s’improvise réalisateur du jour au lendemain. J’ai trop d’admiration pour le travail des réalisateurs pour imaginer une telle chose. Si je devais un jour tenter le pari fou de passer derrière une caméra, ce serait après avoir eu l’opportunité d’apprendre avant. Qui sait, un jour peut-être… il n’est pas interdit de rêver.

Et enfin, quel est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire quand il est question de votre travail d’écrivain ?

Qu’on se souvienne d’une phrase et, peut-être plus encore, des personnages du roman… Pour moi, quand le roman est fini, ils me manquent.

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Classé sous: Entrevue d'auteur

Publié par Stéphanie à 15:59

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