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23

Michel Leclerc: ça se passait le 11 septembre 2001

   

petiteMort

La rentrée littéraire bat son plein. Les livres arrivent nombreux sur les tablettes des libraires. Parmi eux, Une toute petite mort, un roman que signe Michel Leclerc chez Hurtubise. Nous l’avons lu. L’auteur qui est à Paris depuis fin décembre 2008 nous a aussi téléphoné pour en parler.

Une toute petite mort prend son départ à New York, très précisément le 11 septembre 2001. Ce qui incite à demander si, par hasard, l’auteur n’était pas dans la Grosse Pomme en cette journée fatidique.

Non! Mais plusieurs de ses collègues y étaient, tous occupés à mettre le point final à l’inauguration du Printemps du Québec. Car il faut savoir que M. Leclerc est un haut fonctionnaire du gouvernement. Natif de Montréal, où il a fait ses études, il est arrivé dans la capitale à l’automne 1984, l’année des Grands Voiliers.

D’abord embauché comme chercheur à l’École d’administration publique, il terminait son doctorat en sociologie des sciences. Ensuite, il est allé au ministère de l’Enseignement supérieur, à l’Industrie et Commerce, affecté au dossier des politiques scientifiques. Depuis 1988, il travaille au ministère des Relations internationales. Ce qui l’a conduit à occuper le poste de premier conseiller aux affaires francophones à la délégation générale du Québec à Paris.

Grand voyageur, donc. Michel Leclerc connaît bien New York, mais c’est à Québec qu’il a écrit ce nouveau roman, le quatrième à être publié en quatre ans. «Je n’ai jamais autant écrit que depuis que le temps me manque», dit celui qui a le sens de la formule. «Je suis un auteur pressé», continue-t-il encore, avant d’ajouter qu’on lui prête «la réputation d’être efficace, productif». Dans une seule journée, de son propre aveu, il peut écrire jusqu’à 25 pages.

Les premiers chapitres d’Une toute petite mort, où il campe l’action, tandis que s’effondrent les tours jumelles du World Trade Center, lui ont cependant demandé plus de soin et de patience. Kevin, le narrateur, a 14 ans. Il est assis dans l’auto, à côté de son père, riche avocat, lorsque surgit un tireur. «Quand j’ouvre les yeux, embués de frayeur, mon père a disparu.» Après les images fortes du début, l’écrivain s’attarde à la généalogie familiale. Les «peu de temps après», «trois ans plus tard», «deux ans plus tard», «quatre ans plus tard» des seules pages 30 et 31 sont pour le moins répétitifs.

N’empêche! Pareil à Kevin, le lecteur a envie, lui aussi, de faire la lumière sur le drame qui a coûté la vie au paternel. Une quête s’engage dès l’instant où le fils reconnaît l’assassin. Ça se passe en 2008. La surprise sera grande lorsqu’on saura à quelle enseigne logeait Me Shane Alex. C’est un moment fort du roman. L’auteur observe que c’est très facile de tromper, d’avoir une double vie. «D’autant plus, dit-il, que notre éducation nous induit à faire confiance.»

Parallèlement, le récit donne à voir la lente dégradation de la mère de Kevin. Est-ce la maladie d’Alzheimer? Ce n’est pas confirmé. Mais l’oubli s’installe. Une scène nous la présente devant un mot croisé du New York Times. Toutes les cases sont remplies, sauf une. Kevin se rend compte qu’elle n’y a inscrit que des A. La relation mère-fils donne lieu à des moments d’émotion. Michel Leclerc, qui est venu à l’écriture par la poésie, trouve les mots justes pour décrire les sentiments qui animent Kevin. Il se défend toutefois d’être le poète devenu romancier. «C’est un autre métier.»

Dans l’immédiat, pas de doute, raconter des histoires est ce qui l’intéresse. Il a commencé avec Le promeneur d’Afrique, qui nous entraîne au Burkina Faso, dont il connaît la capitale Ouagadougou, pour avoir assisté au Sommet de la Francophonie en 2004. A suivi Un été sans histoire, mais qui en présente tout de même une, à Blanche-Vallée, en Gaspésie. Puis La fille du Prado. Il s’agit du musée du même nom, à Madrid. «Je pars d’un fait réel, une visite que fait Francis Bacon [le peintre britannique] pour assister à une exposition consacrée à Vélasquez.»

Un cinquième roman, après Une toute petite mort, est déjà terminé. «Court, léger, humoristique!» Michel Leclerc se laisse à peine prier pour dire qu’il traite du Moulin à images de «Robert à la page». Son personnage, comme lui durant les Fêtes du 400e, habite rue des Remparts à Québec, et se trouve fort dérangé par le bruit ambiant. «Un grand coup d’éclat!» Sans doute pour la rentrée 2010.

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Classé sous: Description d'un livre, Entrevue d'auteur

Publié par Stéphanie à 9:30

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