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	<title>Blogue Juste pour lire &#124; Blog littéraire de Québec Loisirs et Place du livre &#187; Entrevue d&#8217;auteur</title>
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		<title>Bédé &#8211; De la comédie au drame, sans crier gare</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Apr 2010 10:32:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[entrevue d'auteur]]></category>

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		<description><![CDATA[La rencontre, cette semaine, entre la bédéiste française Lisa Mandel et Montréal aura été marquante: «Il se passe quelque chose d&#8217;étonnant ici en matière de bédé», lance la mère de l&#8217;indispensable série Nini Patalo (Glénat), attablée dans un troquet du Plateau. «Ça me donne envie de m&#8217;y installer pendant six mois ou un an» afin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/nini-patalo-no-5/produit-2173600.htm" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1807 alignleft" title="niniPatalo" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2010/04/niniPatalo.jpg" alt="niniPatalo" width="80" height="62" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
La rencontre, cette semaine, entre la bédéiste française Lisa Mandel et Montréal aura été marquante: «Il se passe quelque chose d&#8217;étonnant ici en matière de bédé», lance la mère de l&#8217;indispensable série Nini Patalo (Glénat), attablée dans un troquet du Plateau. «Ça me donne envie de m&#8217;y installer pendant six mois ou un an» afin de recommencer à faire de la bédé dans des fanzines «et en autopublication, comme dans le temps», ajoute la jeune femme âgée de 32 ans qui a débarqué en ville après une visite éclair au Salon du livre de Québec. <span id="more-1806"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Avec à son actif cinq chapitres publiés des aventures loufoques de la p&#8217;tite Nini, avec un projet d&#8217;adaptation en dessin animé effectué par le même studio d&#8217;animation qui a mis en mouvement Persepolis, de Marjane Satrapi, ce goût de la bohème en cases ressemble un peu à de la folie. Une folie qui ne surprend pas chez cette artiste hors norme, qui aime puiser dans les décalages du quotidien pour alimenter son oeuvre.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
«J&#8217;ai été bercée durant toute ma jeunesse par les récits de mes parents, qui travaillaient tous les deux dans un hôpital psychiatrique, lance-t-elle. J&#8217;ai compris très vite que l&#8217;être humain pouvait être complètement dingue. Et, forcément, ça laisse des traces.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Pour le moins. Nini Patalo, pour ceux qui n&#8217;ont pas encore succombé à la contagion, c&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une petite fille qui, un soir sans nuages, fait le voeu de voir ses parents disparaître de la maison. Pour être tranquille. Or la chose se produit et l&#8217;espiègle voit alors sa vie changer de fond en comble, contrainte alors de partager son existence avec un homme préhistorique décongelé, un canard taciturne, un monstre multiforme nommé Patalo et des pingouins qui ont pris le contrôle du frigo qu&#8217;ils devaient nettoyer. En gros. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Au départ, c&#8217;est une commande, dit-elle. On voulait, pour le magazine Tchô!, une série qui était le pendant féminin de Titeuf [inventé par Zep]. J&#8217;y ai pensé, et c&#8217;est ça que ç&#8217;a donné.» </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le succès est immédiat: avec ses professeurs de lutte fruitière et ses monstres qui bloquent l&#8217;accès aux toilettes, Nini Patalo séduit la critique, les autres dessinateurs et les familles qui s&#8217;y exposent, par son humour décalé à multiples degrés qui en fait bien plus qu&#8217;une simple oeuvre jeunesse. «C&#8217;est pour tout le monde, dit Lisa Mandel, qui reconnaît dans son oeuvre une certaine relecture de sa propre existence de fille du divorce: une famille recomposée placée quotidiennement sous le thème de la folie.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Une folie bipolaire, aussi, à en juger par le parcours atypique de la délirante Mandel, qui passe de l&#8217;humour à l&#8217;introspection, de la comédie au drame sans crier gare. HP (L&#8217;Association), sa dernière création, confirme la chose en proposant, froidement, une sociologie des univers psychiatriques. «Je voulais raconter sans juger ce milieu», dit-elle. Esthétique et filatures (Casterman), coécrit avec Tanxxx, laisse encore plus perplexe avec ses lesbiennes intergénérationnelles en fuite après un presque meurtre raté. On résume. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Nini Patalo, j&#8217;aime ça, dit Mandel. Mais, comme auteure de bande dessinée, j&#8217;ai aussi envie d&#8217;exprimer autre chose et d&#8217;aller à la rencontre du lectorat adulte, qui me correspond mieux. Ce public, je suis peut-être passée à côté avec ma série jeunesse, que plusieurs n&#8217;ont pas osé ouvrir, croyant que ce n&#8217;était pas pour eux.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :<br />
Extrait de l’article de Fabien Deglise publié le 17 avril sur Ledevoir.com<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/287149/bede-de-la-comedie-au-drame-sans-crier-gare">http://www.ledevoir.com/culture/livres/287149/bede-de-la-comedie-au-drame-sans-crier-gare</a></span></p>
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		<title>Lewis Trondheim le prolifique</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 10:06:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>

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		<description><![CDATA[(Québec) Il n&#8217;a que 45 ans, mais a déjà publié une centaine d&#8217;albums de bandes dessinées et récolté maints honneurs, dont le prestigieux Grand Prix de la ville d&#8217;Angoulême. Avec son humour pince-sans-rire, ses personnages aux traits animaliers et ses approches narratives variées, Lewis Trondheim a fait souffler un vent d&#8217;air frais sur le neuvième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/mon-ombre-au-loin/produit-2294875.htm" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1785 alignleft" title="ombreAuLoin" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2010/04/ombreAuLoin.jpg" alt="ombreAuLoin" width="80" height="115" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
(Québec) Il n&#8217;a que 45 ans, mais a déjà publié une centaine d&#8217;albums de bandes dessinées et récolté maints honneurs, dont le prestigieux Grand Prix de la ville d&#8217;Angoulême. Avec son humour pince-sans-rire, ses personnages aux traits animaliers et ses approches narratives variées, Lewis Trondheim a fait souffler un vent d&#8217;air frais sur le neuvième art. Il s&#8217;efforce de continuer avec son nouveau tome des Formidables aventures sans Lapinot, Top ouf.<span id="more-1784"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
On trouve de tout dans la bibliographie de Trondheim. De petites plaquettes et de gros bouquins. Des séries ambitieuses et d&#8217;autres sans prétention. Des fictions et des autobiographies. Une constante, toutefois : le souci d&#8217;apporter quelque chose de neuf sans sombrer dans l&#8217;hermétisme. Avec six de ses pairs, l&#8217;artiste français a ainsi fondé la maison d&#8217;édition L&#8217;Association, en 1990, puis l&#8217;OuBaPo &#8211; l&#8217;Ouvroir de bande dessinée potentielle -, où la création se faisait avec des contraintes artistiques volontaires. C&#8217;est avec ses Formidables aventures de Lapinot (neuf tomes, Dargaud) que le grand public a pleinement découvert son travail. L&#8217;une des caractéristiques? Les mêmes personnages se retrouvent d&#8217;album en album, mais dans des contextes entièrement différents. Il y aura aussi l&#8217;imposante série Donjon (35 tomes, Delcourt) créée avec Joann Sfar, se développant simultanément à trois époques distinctes et mettant à contribution une foule de collaborateurs. S&#8217;ajoutent encore le Roi Catastrophe avec Fabrice Parme, Les Cosmonautes du futur avec Larcenet ou Les Petits riens, notamment. Comme l&#8217;artiste préfère écrire à jaser, il nous a accordé une entrevue par courriel. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<strong>Q Vous avez récemment touché au monument qu&#8217;est Spirou pour la série Une aventure de Spirou par&#8230;, chez Dupuis. Comment avez-vous abordé ce travail, qu&#8217;on pourra découvrir bientôt?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
R Sans me poser trop de questions. Je me suis dit qu&#8217;il fallait que je m&#8217;amuse. Comme ça, même si ça ne plaît pas au lecteur, ça m&#8217;aura plu de le faire. Alors que si je m&#8217;étais forcé à faire quelque chose contre mon gré et que les lecteurs n&#8217;aiment pas non plus, ça aurait été un cauchemar. [...] Il n&#8217;y a pas beaucoup [de séries] comme ça sur le Vieux Continent. Généralement, il faut dessiner comme le créateur du héros, sinon ça ne marche pas (Blake et Mortimer, Lucky Luke&#8230;).</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q Il y a un important volet autobiographique à votre travail. Est-ce que votre oeuvre est aussi une façon de mieux vous connaître et de sauver des frais de psy?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R Non seulement de les sauver, mais de gagner des sous. La plupart du temps, j&#8217;improvise, et je fais confiance à mon inconscient pour qu&#8217;il y ait quelque chose d&#8217;intéressant qui sorte de tout ça. Comme ça, mes démons intérieurs sont rassasiés et je dors comme un bébé.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q Vous avez fait des séries pour les plus jeunes à une époque où c&#8217;était à peu près inexistant (Monstrueux&#8230;, Petit père Noël, etc.). Est-ce en devenant père que vous avez réalisé qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de BD pour ce public?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R J&#8217;avais surtout l&#8217;impression qu&#8217;on laissait tomber le côté «tout public». Soit il y avait des BD pour adultes, soit pour enfants, mais en prenant les enfants pour des idiots. Et la BD transgénérationnelle existe de moins en moins. Mon but était donc d&#8217;être lisible et d&#8217;être intéressant par un enfant comme par un adulte, avec plusieurs niveaux de lecture.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q Votre bibliographie continue de grossir à un rythme soutenu. Êtes-vous tiraillé par la crainte des redites et le souci de vous renouveler?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R Je sais qu&#8217;un jour, j&#8217;arrêterai. J&#8217;espère juste que je serai rapidement assez perspicace pour voir quand je deviendrai très mauvais et radoteur afin d&#8217;éviter d&#8217;affliger le public avec des niaiseries.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q Est-ce que vos maintes collaborations sont un moyen de vous sortir de vos zones de confort?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R Absolument. D&#8217;une part, je m&#8217;enrichis des capacités des autres, et je ne cède pas à des facilités, des ficelles et des tics parce que je sais que j&#8217;ai un interlocuteur. Tout seul, dans son coin, on a plutôt des facilités à moins se relire.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :</p>
<p>Extrait de l’article de Nicolas Houle publié le 10 avril 2010 sur Cyberpresse<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201004/09/01-4268980-lewis-trondheim-le-prolifique.php">http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/livres/201004/09/01-4268980-lewis-trondheim-le-prolifique.php</a></span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Entretien avec Anne Rice, une ex-reine des vampires</title>
		<link>http://blogue.placedulivre.com/index.php/2010/03/19/entretien-avec-anne-rice-une-ex-reine-des-vampires/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 10:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[suspense]]></category>

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		<description><![CDATA[«Je n&#8217;écrirai plus de romans sur les vampires.» Point. Longtemps considérée comme la «reine des ténèbres», l&#8217;auteure d&#8217;Interview With A Vampire, Anne Rice, est en effet passée de l&#8217;ombre à la lumière, de l&#8217;athéisme à la foi. Elle vit maintenant à L&#8217;heure de l&#8217;ange, du titre de sa nouvelle trilogie. Entretien. Anne Rice, quand elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/l-heure-de-l-ange/produit-2402455.htm" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1756 alignleft" title="heureAnge" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2010/03/heureAnge.jpg" alt="heureAnge" width="80" height="127" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
«Je n&#8217;écrirai plus de romans sur les vampires.» Point. Longtemps considérée comme la «reine des ténèbres», l&#8217;auteure d&#8217;<em>Interview With A Vampire</em>, Anne Rice, est en effet passée de l&#8217;ombre à la lumière, de l&#8217;athéisme à la foi. Elle vit maintenant à <em>L&#8217;heure de l&#8217;ange</em>, du titre de sa nouvelle trilogie. Entretien.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Anne Rice, quand elle s&#8217;appelait encore Howard Allen O&#8217;Brien &#8211; «Ma mère avait trouvé amusant de me donner le nom de mon père» -, a grandi à La Nouvelle-Orléans avec une mère si alcoolique qu&#8217;elle en est morte lorsque celle qui allait un jour écrire <em>Interview With A Vampir</em>e avait 14 ans.<span id="more-1755"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Quelques années plus tard, la future romancière a épousé son premier amour, le poète et peintre Stan Rice, avec qui elle a eu une petite fille &#8211; qui est morte du cancer à l&#8217;âge de 5 ans. En 1998, elle apprend qu&#8217;elle souffre de diabète de type 1. Trois ans plus tard, Stan s&#8217;éteint, après 41 ans de mariage. Quant à la maison qu&#8217;ils ont habitée ensemble à partir de 1989, et qui sert de décor à plusieurs des romans de l&#8217;écrivaine, elle a été rasée par l&#8217;ouragan <em>Katrina</em>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<strong>Reconversion salutaire</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Anne Rice est née catholique. Elle s&#8217;est dite athée pendant des années. Elle a retrouvé la foi en 1998.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Sans cette reconversion, a-t-elle déjà affirmé, elle n&#8217;aurait pu tenir le coup quand le cancer incurable de son mari a été diagnostiqué. «Mais le principal changement, pour moi, depuis que je suis retournée à la foi, c&#8217;est que je ne me sens plus perdue», a raconté la romancière jointe chez elle au téléphone par<em> La Presse.</em> Et chez elle, c&#8217;est désormais une maison paisible dans le désert californien. «De ma fenêtre, je vois des palmiers et, au loin, les montagnes enneigées. Il y a des fleurs partout et de la lumière, beaucoup de lumière.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Elle recherche cela, aujourd&#8217;hui. Oh, pas parce qu&#8217;elle est passée de la noirceur de l&#8217;apostasie à la lumière de la foi! Bon, il y a peut-être aussi un peu de ça mais, surtout, «quand on vieillit et qu&#8217;on est malade, il est plus simple de vivre au même rythme que le reste du monde», s&#8217;amuse celle qui aura 70 ans l&#8217;an prochain.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Parce qu&#8217;écrire de nuit, comme elle l&#8217;a longtemps fait, elle aime encore. Pour la tranquillité. C&#8217;est tandis que les siens dormaient qu&#8217;elle a écrit ses romans mettant en scène les êtres nocturnes que sont Lestat le vampire et ses ouailles, de même que les sorcières Mayfair.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Noirceur</strong></span><strong></strong></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Quinze des 29 romans qu&#8217;elle a signés à ce jour et qui se sont vendus à plus de 100 millions d&#8217;exemplaires sont de cette eau-là. Et si la sensualité y est à fleur de peau (elle a commencé sa carrière d&#8217;écrivaine en publiant, sous pseudonyme, trois livres racontant les infortunes d&#8217;une Belle au bois dormant&#8230; disons, en chaleur), c&#8217;est surtout leur noirceur, leurs personnages torturés et leur esprit gothique qui restent en mémoire.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je n&#8217;en étais pas consciente à l&#8217;époque parce qu&#8217;autrement, ça m&#8217;aurait arrêtée mais, oui, il est possible que j&#8217;aie écrit <em>Interview With A Vampir</em>e pour exprimer ma peine et mon deuil à la suite de la mort de ma fille.<em> La fantasy</em> a été, pour moi, un moyen de dire mes sentiments. Et c&#8217;est dans ce genre que j&#8217;ai trouvé ma voix de romancière», dit-elle.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Ce, à une époque &#8211; les années 70 et 80 &#8211; où ce genre-là n&#8217;était pas pris au sérieux et n&#8217;était pas particulièrement à la mode, à quelques exceptions près (dont elle a fait partie). La chose est très différente aujourd&#8217;hui. Elle s&#8217;en réjouit et parle avec enthousiasme du travail de Stephenie Meyer (<em>Twilight</em>) et de celui de Charlaine Harris (<em>True Blood</em>), qu&#8217;elle connaît par leurs adaptations à l&#8217;écran. De la première, elle dit: «Elle a été brillante de planter ses personnages dans une école secondaire et, ainsi, de les rendre très concrets auprès des adolescents.» Et de la seconde, «j&#8217;aime le plaisir satirique qui émane de ses histoires».</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Mais la vague «vampiresque» qui déferle actuellement sur le monde ne l&#8217;incitera pas à replonger sa plume dans le sang des immortels. «Mes romans existent encore, ils sont en librairie, se sont toujours bien vendus et se vendent encore mieux grâce à l&#8217;actuelle popularité des histoires de vampires. Mais moi, j&#8217;ai écrit tout ce que j&#8217;avais à écrire sur ce sujet.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Un autre genre</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Ainsi est-elle passée à un autre type de <em>fantasy</em>. Imaginant par exemple l&#8217;enfance de Jésus (la trilogie «Christ the Lord», dont les deux premiers tomes sont parus mais n&#8217;ont pas été traduits en français) ou encore écrivant sur les anges gardiens dans la série qui débute avec <em>L&#8217;heure de l&#8217;ange</em>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Un pas à franchir à partir du seuil des ténèbres moins grand qu&#8217;on l&#8217;imagine: «Les vampires tels Edward dans <em>Twilight</em> et Bill dans <em>True Blood</em> sont un peu les anges gardiens de Bella et de Sookie: ils les aiment et les protègent.» La grande distinction: la rédemption n&#8217;est pas possible pour eux. Et c&#8217;est une des choses qu&#8217;Anne Rice désire explorer. Prendre des personnages perdus, et les mener vers un destin plus grand.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Ainsi est né Toby O&#8217;Dare, mal-aimé et malmené durant l&#8217;enfance, devenu tueur à gages, dont le destin bifurque quand il rencontre Malchiah. Son ange gardien. Capable de l&#8217;envoyer au Moyen-Âge pour sauver une famille juive. Et, ainsi, viser la rédemption. Une chance? Un rêve? Un cauchemar, peut-être? Un cousin d&#8217;<em>Interview With A Vampire</em>, avance plutôt Anne Rice, un sourire dans la voix: «Regardez la structure. Un homme en quête de lui-même rencontre un être surnaturel et en sort transformé.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">L&#8217;une des différences, pour elle: «Je ne crois pas aux vampires, ils n&#8217;existent pas. Mais je crois aux anges gardiens, même si je n&#8217;en ai jamais vu ni entendu. J&#8217;en ai un&#8230; et vous en avez un aussi. C&#8217;est donc, pour moi, une autre manière d&#8217;aborder la fantasy.» Une fantasy qu&#8217;elle qualifie simplement de «merveilleuse». </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :</p>
<p>Extrait de l’article de Sonia Sarfatiparu sur Cyberpresse le 12 mars </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201003/12/01-4259878-entretien-avec-anne-rice-une-ex-reine-des-vampires.php">http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201003/12/01-4259878-entretien-avec-anne-rice-une-ex-reine-des-vampires.php</a></span></p>
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		<title>Le paradoxe de la femme-mère</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 10:04:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>

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		<description><![CDATA[Trente ans après L&#8217;amour en plus, Élisabeth Badinter jette un nouveau pavé dans la mare avec Le conflit: la mère et la femme. La philosophe française dénonce le retour en force d&#8217;une pensée naturaliste (notamment pro-allaitement) qui remet la mère au service de l&#8217;enfant. Pourfendant ceux qu&#8217;elle appelle les nouveaux réactionnaires &#8211; écologistes radicaux, féministes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/le-conflit/produit-2397802.htm" target="_blank"><img class="size-full wp-image-1732 alignleft" title="leConflit" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2010/03/leConflit.jpg" alt="leConflit" width="80" height="119" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Trente ans après<em> L&#8217;amour en plus</em>, Élisabeth Badinter jette un nouveau pavé dans la mare avec <em>Le conflit: la mère et la femme</em>. La philosophe française dénonce le retour en force d&#8217;une pensée naturaliste (notamment pro-allaitement) qui remet la mère au service de l&#8217;enfant. Pourfendant ceux qu&#8217;elle appelle les nouveaux réactionnaires &#8211; écologistes radicaux, féministes différentialistes -, son livre a suscité des discussions animées lors de sa parution en France. À deux jours de la Journée internationale de la femme, <em>La Presse</em> s&#8217;est entretenue avec l&#8217;auteure.<span id="more-1731"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<strong>Q: Votre livre s&#8217;intitule <em>Le conflit: la mère et la femme</em>. Quel est ce conflit?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
R: Toute femme habitant un pays industrialisé aujourd&#8217;hui se trouve dans un véritable paradoxe. Nous sommes dans une société qui, depuis 30 ou 40 ans, valorise l&#8217;hédonisme. Par ailleurs, quand une femme devient mère, elle est censée faire un virage à 180° et dire: «L&#8217;enfant d&#8217;abord.» C&#8217;est de cette contradiction que vient le conflit. Si c&#8217;est devenu aussi difficile, c&#8217;est aussi parce que les femmes se trouvent devant un marché du travail de plus en plus rude. Et, de l&#8217;autre côté, elles doivent être des «mères parfaites».</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<strong>Q: L&#8217;homme n&#8217;est-il pas concerné par ce retour au naturalisme et l&#8217;injonction d&#8217;être un père parfait?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: L&#8217;injonction sur les pères parfaits n&#8217;est pas comparable à celle des mères. On a revalorisé la fusion mère-enfant grâce ou à cause des associations d&#8217;allaitement. De facto, on s&#8217;adresse à la mère et pas au père.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Vous écrivez que l&#8217;allaitement est un droit, mais demandez si le non-allaitement en est encore un. Pensez-vous que l&#8217;on manque d&#8217;équilibre entre ces deux droits?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Allaiter est devenu une question de morale. Je pense que l&#8217;allaitement est une affaire privée, personnelle, intime. Nulle personne ne peut décider pour une femme; il faut au contraire lui faire exercer son libre choix.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Vous comparez les taux d&#8217;allaitement de la France avec ceux d&#8217;autres pays européens. Est-ce que les pressions pour l&#8217;allaitement sont comparables? Pensez-vous que la popularité de l&#8217;allaitement, au Québec notamment, signifie que les Nord-Américaines ont abdiqué?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Je ne sais pas. Ce que je subodore, par contre, c&#8217;est qu&#8217;on est plus sensible à l&#8217;argument naturaliste au Québec qu&#8217;en France. On voit que les courbes d&#8217;allaitement sont plus fortes dans ces pays qu&#8217;en France. Mais je n&#8217;en tire pas de conclusion définitive sur les Canadiennes.</span></p>
<p><strong></strong></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Q: Qu&#8217;est-ce qui vous a inspiré <em>Le conflit</em>?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Je voulais faire le bilan, 30 ans après la publication de <em>L&#8217;amour en plus</em>, parce que j&#8217;étais inquiète. Le premier signe de cette inquiétude est venu en 1998, quand le ministre de la Santé de l&#8217;époque a signé un décret pour interdire toute publicité pour le lait maternisé dans les cliniques. Il ne fallait plus le donner, mais le vendre. Ces signes de pression m&#8217;ont donné envie de voir ce qui se passait tant c&#8217;était contraire, à mes yeux, à la liberté que l&#8217;on devait aux femmes.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: <em>Le conflit</em> a suscité des réactions très vives. Est-ce que cela vous a surprise?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Je suis à moitié surprise. J&#8217;ai critiqué des mouvements de pensée qui ont le vent en poupe, comme l&#8217;écologisme; je ne m&#8217;attendais pas à être accueillie avec de grands sourires.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Vous n&#8217;attaquez toutefois pas l&#8217;écologisme en tant que tel&#8230;</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Non, mais quand des femmes politiques se sont élevées contre le livre, j&#8217;en suis restée stupéfaite. Que la représentante d&#8217;Europe écologie (Cécile Duflot, ndlr), qui est une femme moderne, ait pu réagir aussi violemment, j&#8217;en suis restée vraiment étonnée. Dans ce livre, je m&#8217;en prenais à la ministre de l&#8217;Écologie d&#8217;il y a deux ans (Nathalie Kosciusko-Morizet, ndlr), une femme moderne, intelligente, qui avait eu cette idée folle de proposer une taxe sur les couches jetables! Comment peut-on avoir des réflexes aussi régressifs? Comment peut-on d&#8217;abord se préoccuper de l&#8217;état des arbres avant celui des femmes?</span></p>
<p><strong></strong></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Q: Peut-on dire que les jeunes femmes se rendent moins compte des combats à mener, qu&#8217;elles sont moins féministes que leurs aînées?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Je ne sais pas si elles ne se rendent pas compte. Je suis frappée, néanmoins, que de plus en plus de jeunes femmes veuillent arrêter de travailler pendant deux ou trois ans pour s&#8217;occuper de leurs enfants et qu&#8217;elles disent qu&#8217;elles ne veulent pas faire comme leurs mères. C&#8217;est le règlement classique des filles à l&#8217;égard des mères.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Le 8 mars est la Journée de la femme. Quels sont les combats que les femmes doivent encore mener?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: On ne peut parler de l&#8217;égalité des sexes sans égalité des salaires. Le grand combat à mener est dans le privé. Le vrai partage des tâches à la maison, qui n&#8217;est pas du tout obtenu, conditionne la possibilité d&#8217;égalité des salaires. La pression ne doit pas cesser sur les hommes pour qu&#8217;ils partagent cette grande partie de la vie des femmes. C&#8217;est sur l&#8217;État qu&#8217;il faut faire pression, et sur les hommes.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Est-ce que vous bénéficiez, en France, d&#8217;une oreille attentive de l&#8217;État sur ces questions?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Avec les crèches, nous ne sommes pas les plus mal lotis en Europe, parce qu&#8217;on peut laisser son enfant tout de suite après le congé de maternité, qui est très court. D&#8217;ailleurs, je trouve que le congé devrait être allongé. Entre un congé de trois mois (la norme en France, ndlr) et un congé d&#8217;un an comme en Scandinavie, je pense qu&#8217;il y a un juste milieu.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :</span></p>
<p>Extrait de l’article d’Anabelle Nicoud publié le 6 mars 2010 sur Cyberpresse</p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201003/06/01-4258034-le-paradoxe-de-la-femme-mere.php">http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201003/06/01-4258034-le-paradoxe-de-la-femme-mere.php</a></span></p>
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		<item>
		<title>Jean-François Chassay : 24 h dans la vie d&#8217;un mort</title>
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		<pubDate>Thu, 28 Jan 2010 11:47:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[roman québécois]]></category>

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		<description><![CDATA[«La littérature nous permet de parler de tout», fait valoir Jean-François Chassay, que je rencontre dans un café du quartier Villeray. Le protagoniste suicidaire de Sous pression est un physicien dans la fin de la quarantaine. Un Montréalais en manque d&#8217;amour et d&#8217;un motif pour continuer à vivre, qui s&#8217;est résolu à « tirer la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
«La littérature nous permet de parler de tout», fait valoir Jean-François Chassay, que je rencontre dans un café du quartier Villeray. Le protagoniste suicidaire de<em> Sous pression</em> est un physicien dans la fin de la quarantaine. Un Montréalais en manque d&#8217;amour et d&#8217;un motif pour continuer à vivre, qui s&#8217;est résolu à « tirer la plogue « sur sa triste existence de mort-vivant. « Il est trop rationnel, et cela ne lui suffit pas pour continuer «, observe Jean-François Chassay, non sans une pointe d&#8217;ironie qui trahit un penchant pour l&#8217;humour noir.<span id="more-1624"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Auteur de plusieurs essais et textes critiques, prof d&#8217;études littéraires à l&#8217;UQAM et chercheur intéressé par le discours social et la figure du scientifique dans l&#8217;imaginaire &#8211; en mai dernier, il publiait <em>Si la science m&#8217;était contée</em>, sept portraits de grands scientifiques &#8211; Chassay transporte dans sa fiction ses intérêts théoriques.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<em>Sous pression</em>, son sixième ouvrage de fiction, lance quelques flèches critiques qui ne ratent pas leurs cibles. Ses personnages s&#8217;en prennent tout autant à l&#8217;inculture de leurs compatriotes québécois, leur pauvreté langagière qu&#8217;à la laideur de Montréal.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Avec une certaine légèreté cynique, l&#8217;auteur raconte les dernières heures d&#8217;un futur suicidé qui, dans un décompte fatal, croise dans divers lieux montréalais des proches qui se prononcent sur sa décision. Une suite de monologues d&#8217;individus qui, confrontés à leur inéluctable fatalité, révèlent leurs doutes et angoisses existentiels.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le pari était risqué, de consacrer plus de 200 pages à un héros suicidaire, sans verser dans le pathos. Mais Chassay a eu l&#8217;heureuse idée de surtout donner la parole aux loquaces interlocuteurs du futur suicidé, tous enclin à exprimer tout le mal qu&#8217;ils pensent de ce morbide projet. Autrement dit, la mort imminente du physicien est surtout prétexte pour des logorrhées assez humoristiques chez les uns, à des confessions amusantes quoique désespérées chez les autres ou encore à des théories carrément délirantes sur le sens de la vie.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Dans tous les cas, le ludisme de l&#8217;écrivain l&#8217;emporte. «J&#8217;écris par nécessité, je ne connais pas l&#8217;angoisse de la page blanche. Dans la vie, j&#8217;ai besoin de balises: le weekend, par exemple, j&#8217;organise les repas pour la famille. Pour écrire, j&#8217;ai aussi besoin de m&#8217;imposer certaines règles. Dans <em>Sous pression</em>, je me suis imposé la contrainte d&#8217;inclure une référence à un peintre, à un musicien, à un plat, dans chaque chapitre», confie celui qui a fait son doctorat sur l&#8217;oeuvre de Georges Perec et ouvre ses pages à des personnages de ses romans précédents.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Cultive-toi, niaiseux!</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Traversant Montréal d&#8217;Ahuntsic jusqu&#8217;au Vieux-Montréal, avec des escales dans un <em>greasy spoon</em>, chez Alep, chez Holder, à la Casa del Popolo, <em>Sous pression</em> est une visite non complaisante de la métropole. «J&#8217;aime beaucoup Montréal. Mais c&#8217;est comme ça avec ceux qu&#8217;on aime: on aime aussi leurs défauts», concède celui qui, dans <em>Sous pression</em>, écrit que Montréal est «la ville la plus laide du monde, mise à part Laval bien sûr, puisque Montréal a réussi à produire un clone encore plus hideux.» </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il y a aussi la culture &#8211; l&#8217;art visuel, la musique, les films, la bouffe &#8211; qui habite ce récit où le physicien suicidaire se fait dire «Cultive-toi un peu avant de mourir, niaiseux.» </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Le physicien est une sorte de centre vide, qui reçoit les réactions émotives des gens qu&#8217;il consulte. La littérature permet de poser des questions comme» puisqu&#8217;on va tous mourir, pourquoi devancer la mort? «Dans <em>Sous pression</em>, j&#8217;ai essayé de faire vivre l&#8217;entre-deux, en créant un personnage principal qui était déjà mort.» </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Au final, le langage triomphe dans ce roman qui ne manque pas d&#8217;égratigner la pauvreté intellectuelle d&#8217;un peuple où le taux de suicide est parmi les plus élevés au monde («Disent n&#8217;importe quoi, sans s&#8217;en rendre compte. Des mots, des mots. Une chaîne cause chaotique, burlesque, infantile.») Cette même patrie où plusieurs, et pas les moindres (il rappelle Hubert Aquin, Dédé Fortin) périssent au combat. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :<br />
Extrait de l’article de Sylvie St-Jacques publié le 22 janvier 2010 sur Cyberpresse<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201001/22/01-941869-jean-francois-chassay-24-h-dans-la-vie-dun-mort.php">http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201001/22/01-941869-jean-francois-chassay-24-h-dans-la-vie-dun-mort.php</a></span></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Albert Camus : sur les traces d&#8217;un homme incorruptible</title>
		<link>http://blogue.placedulivre.com/index.php/2010/01/13/albert-camus-sur-les-traces-dun-%c2%abhomme-incorruptible%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 09:54:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 4 janvier 2010 marquait les 50 ans de la disparition d&#8217;Albert Camus, mort à l&#8217;âge de 46 ans dans un accident de voiture. Le 4 janvier 2010 marquait les 50 ans de la mort d&#8217;Albert Camus. Or, la voix de l&#8217;auteur de L&#8217;étranger résonne encore dans la littérature contemporaine et dans l&#8217;actualité. En France, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/l-etranger/produit-1064569.htm" target="_blank"><img class="alignnone size-full wp-image-1583" title="etranger" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2010/01/etranger.jpg" alt="etranger" width="80" height="132" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Le 4 janvier 2010 marquait les 50 ans de la disparition d&#8217;Albert Camus, mort à l&#8217;âge de 46 ans dans un accident de voiture.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Le 4 janvier 2010 marquait les 50 ans de la mort d&#8217;Albert Camus. Or, la voix de l&#8217;auteur de <em>L&#8217;étranger</em> résonne encore dans la littérature contemporaine et dans l&#8217;actualité. En France, plusieurs activités s&#8217;organisent pour célébrer la mémoire de Camus. Pour l&#8217;occasion, <em>La Presse</em> s&#8217;est entretenue avec le journaliste et écrivain Olivier Todd, auteur de la plus importante biographie jamais publiée sur ce grand écrivain.</p>
<p> </p>
<p></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
<strong>Q: Qu&#8217;est-ce que Camus nous a laissé en héritage?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
R: Une oeuvre très variée: romans, essais, théâtre, journalisme&#8230; Le tout, sur des tons très différents. Et aussi l&#8217;image d&#8217;un homme incorruptible. Malgré tous ses démêlés politiques, il est resté très solidaire des opprimés, des colonisés. Et ce, même s&#8217;il n&#8217;a pas toujours été clair sur la question algérienne. Je ne vois qu&#8217;un seul autre personnage comparable dans la littérature occidentale, et c&#8217;est George Orwell. Camus était meilleur romancier qu&#8217;Orwell et Orwell était meilleur essayiste que Camus. Mais ils ont tous deux été intransigeants face au communisme.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Comment l&#8217;avez-vous connu?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: J&#8217;ai connu Sartre, pas Camus. J&#8217;ai rencontré Camus deux fois dans des circonstances qui m&#8217;ont laissé un souvenir désagréable. La première fois, j&#8217;étais jeune marié et j&#8217;étais assis au Café de la Mairie avec ma femme. Camus est arrivé, il s&#8217;est mis au bar et il a regardé ma femme avec une impudence et une effronterie extraordinaires. J&#8217;ai dit: «Mais il se prend pour qui, ce con?» Et un de mes amis m&#8217;a répondu: «Mais il se prend pour Camus.» Trente ou quarante ans plus tard, lorsque j&#8217;ai commencé à faire sa biographie, tout le monde me disait: «Ah! Si vous aviez vu Camus regarder les femmes!» Je répondais: «Je sais. J&#8217;ai vu!»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La deuxième fois, je l&#8217;ai rencontré alors que j&#8217;étais militaire. J&#8217;ai été présenté par un ami. À l&#8217;époque, je l&#8217;ai trouvé assez arrogant, habillé d&#8217;une façon qui ne me plaisait pas. Et je faisais partie des gens qui, à l&#8217;époque, croyaient que, sur l&#8217;Algérie, Camus était réactionnaire.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Votre perception de l&#8217;homme a-t-elle changé?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Quand on fait une biographie, on déniche souvent beaucoup de choses que même les proches ne connaissent pas. Tant dans sa vie publique que dans sa vie privée. J&#8217;ai constaté que, pour la première, il était d&#8217;une fidélité extraordinaire même s&#8217;il a eu des hésitations. La chose qui me frappe, chez lui, c&#8217;est que c&#8217;est un homme qui sait douter. Et le doute n&#8217;est pas une caractéristique de l&#8217;intelligentsia parisienne. Il était très ambitieux &#8211; dès 25 ans, dans ses lettres, il disait vouloir faire une oeuvre &#8211; mais, malgré ça, il doutait. Il doutait sans arrêt de son talent, alors que Sartre ne doutait jamais de son génie.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Qu&#8217;est-ce qui vous a amené à faire sa biographie?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: En un sens, ça remonte à ma première lecture de <em>L&#8217;étranger</em>, durant l&#8217;Occupation. J&#8217;ai été saisi par la première phrase: «Aujourd&#8217;hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.» Après, j&#8217;ai continué à le lire, à le lire, à le lire. C&#8217;était ma première biographie d&#8217;un écrivain. J&#8217;ai fait la bio de Camus avant celle de Malraux. Quand j&#8217;ai commencé à faire Camus, sur la foi de deux rencontres malheureuses, je n&#8217;aimais pas beaucoup l&#8217;homme. Mais à la fin, je l&#8217;aimais beaucoup et je continue de l&#8217;aimer. Avec Malraux, ç&#8217;a été le mouvement inverse. Je le connaissais. Je l&#8217;avais rencontré, interviewé, je savais bien qu&#8217;il avait raconté quelques mensonges. Mais en faisant sa biographie, je me suis rendu compte à quel point il avait menti. Maintenant, aujourd&#8217;hui, je peux encore apprécier l&#8217;écrivain, mais l&#8217;homme me paraît confit en mystifications. Camus, je peux y retourner sans me poser de questions sur l&#8217;homme. Je continue à me poser des questions sur l&#8217;oeuvre. Je veux dire par là que je serais incapable de dire quel est le sens profond de <em>L&#8217;étranger</em>, comme c&#8217;est le cas pour beaucoup de ses livres.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Vous avez déjà dit ne pas le voir comme un philosophe.</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Il n&#8217;était certainement pas un philosophe dans la tradition classique et surtout la tradition française, qui est, selon moi, trop littéraire. Elle veut être une sorte de savoir total couvrant toutes les autres disciplines. Camus se méfiait des systèmes. Ça ne l&#8217;a pas empêché d&#8217;être un philosophe politique, un penseur politique. Il a vu juste dans sa fronde au totalitarisme. Il procède davantage en se fondant sur son expérience et par intuition. Avant la guerre, il avait adhéré au parti communiste algérien, qu&#8217;il a quitté parce qu&#8217;il trouvait que ce parti &#8211; sur ordre du PCF, lui-même aux ordres de Moscou &#8211; ne défendait pas assez les nationalistes algériens. Lorsque la guerre arrive, il est pacifiste. Mais il veut quand même s&#8217;engager pour être avec les siens, ce qui me paraît une démarche assez camusienne. Il est solitaire et solidaire. Il fait de la résistance activement. Il est obligé de se cacher, à la différence de Sartre, qui n&#8217;a pas fait beaucoup de résistance, c&#8217;est le moins qu&#8217;on puisse dire!</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Quel est selon vous son livre le plus fort?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: <em>La chute! </em>C&#8217;était son livre son plus puissant. Et c&#8217;était aussi le livre préféré de Sartre. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m&#8217;a répondu: «Parce que Camus s&#8217;y est mis et s&#8217;y est caché tout entier.» «Je pense que Sartre n&#8217;aurait pas écrit<em> Les mots</em> si Camus n&#8217;avais pas écrit <em>La chute</em>. Ce sont deux livres qu&#8217;on peut mettre en parallèle, soit une autobiographie franche et directe chez Sartre et très bien camouflée chez Camus. Il y avait beaucoup de traits de Camus chez Clamence, le juge pénitent avec lui-même. Camus était souvent juge et souvent pénitent. Il y a un portrait extraordinaire de Camus dans La chute. On le trouve avec ses préoccupations, son ironie, son scepticisme. Quoique Clamence était certainement plus cynique que Camus. Camus a eu la tentation du cynisme mais il n&#8217;y est jamais tombé.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Q: Que reste-t-il de sa relation avec Sartre?</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">R: Il reste chez l&#8217;un et chez l&#8217;autre une oeuvre littéraire considérable. Quant à la grande querelle dans <em>Les Temps modernes</em>, en 1952, sur le plan littéraire, elle est superbe. C&#8217;est une anthologie. J&#8217;ai souvent pensé que si on mettait bout à bout la lettre de Camus, la critique de Jeanson, la réponse de Sartre et même la deuxième réponse de Jeanson, dont il a dit lui-même qu&#8217;elle était un peu de trop, cela aurait fait une superbe pièce de théâtre qu&#8217;on aurait pu appeler <em>Jean-Paul et Albert</em>. Cela mis à part, leur relation a toujours été asymétrique. Toujours Sartre a pensé que Camus n&#8217;était pas un philosophe mais un très bon écrivain. Et Camus admirait Sartre mais ne pouvait pas adhérer à sa littérature. Ils n&#8217;ont jamais été amis. Je ne sais pas si Camus aurait voulu être l&#8217;ami de Sartre, mais il voulait être accepté par lui. Il était content de voir que Sartre chantait ses mérites en Amérique. Et Sartre aimait chez lui ce qu&#8217;il appelait son côté voyou. Je pense que Camus aurait aimé être presque à la fois le frère et le fils de Sartre. Orphelin de père, il en a toujours attendu un, qui n&#8217;est jamais venu malgré la présence de gens tels que Jean Grenier, Sartre, etc. Mais je ne veux pas spéculer psychologiquement. Ce sont des hypothèses, sans plus.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :</span></p>
<p>Extrait de l’article d’André Duchesne publié le 8 janvier 2010 sur Cyberpresse</p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Voir la source :<br />
<a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201001/08/01-937201-albert-camus-sur-les-traces-dun-homme-incorruptible.php">http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/201001/08/01-937201-albert-camus-sur-les-traces-dun-homme-incorruptible.php</a></span></p>
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		<title>Alexandre Jardin: côté coeur</title>
		<link>http://blogue.placedulivre.com/index.php/2009/12/02/alexandre-jardin-cote-coeur/</link>
		<comments>http://blogue.placedulivre.com/index.php/2009/12/02/alexandre-jardin-cote-coeur/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 10:40:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
		<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Loisirs et Place du livre]]></category>
		<category><![CDATA[entrevue d'auteur]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;incorrigible romantique fait renaître Fanfan et Alexandre dans Quinze ans après. Comme leur auteur, les personnages ont changé. Lui qui fuyait le quotidien comme la peste chante les louanges des pantoufles; elle ne croit plus à l&#8217;amour qui dure toujours. Et Alexandre Jardin dans tout ça? Toujours amoureux, il conjugue amour et quotidien. La dernière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><a href="http://www.placedulivre.com/quinze-ans-apres/produit-2252261.htm" target="_blank"><img class="alignnone size-full wp-image-1487" title="quinzeAns" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/11/quinzeAns.jpg" alt="quinzeAns" width="80" height="130" /></a></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
L&#8217;incorrigible romantique fait renaître Fanfan et Alexandre dans <em><a href="http://www.placedulivre.com/quinze-ans-apres/produit-2252261.htm" target="_blank">Quinze ans après</a></em>. Comme leur auteur, les personnages ont changé. Lui qui fuyait le quotidien comme la peste chante les louanges des pantoufles; elle ne croit plus à l&#8217;amour qui dure toujours. Et Alexandre Jardin dans tout ça? Toujours amoureux, il conjugue amour et quotidien.<span id="more-1486"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La dernière fois que nous avons vu Alexandre Jardin, il s&#8217;apprêtait à demander une fois de plus la main de sa compagne, Liberté. Cette fois-ci, Alexandre Jardin porte la bague au doigt: Liberté a finalement dit oui. Plus que jamais, le romantisme s&#8217;accorde avec l&#8217;engagement, nous raconte-t-il, en nous montrant une photo de son mariage qui s&#8217;est déroulé&#8230; dans un théâtre!</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je me suis marié dans un théâtre pour contredire Feydeau. C&#8217;était plus beau que tout ce que j&#8217;ai pu faire au cinéma», dit celui qui, rappelons-le, avait fait valser Sophie Marceau et Vincent Perez dans un décor de cinéma. «On peut faire de son mariage une création authentique, mais avec sincérité. C&#8217;était hallucinant! En fait, on peut vivre comme dans les livres.»<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Parlez-nous d&#8217;un repenti. Alexandre Jardin, qui, à 24 ans, rêvait d&#8217;amour en mouvement, de l&#8217;autre comme un territoire à conquérir sans cesse, a complètement retourné sa veste. Le voilà qui chante les louanges du couple au quotidien, qui conte aussi comment son éditeur a tout d&#8217;abord refusé d&#8217;illustrer la couverture par une paire de pantoufles (il a finalement dit oui après le mariage d&#8217;Alexandre Jardin).</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je pensais vraiment que le quotidien tuait l&#8217;amour. J&#8217;ai fini par m&#8217;apercevoir que c&#8217;était faux: le problème n&#8217;est pas dans le couple, mais dans l&#8217;usure de soi. Quand on échoue à un match de tennis, ce n&#8217;est pas la faute du tennis! On n&#8217;est pas obligés de mal jouer», insiste-t-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Attention cependant. Alexandre Jardin voit toujours la vie en rose, mais ne renonce pas pour autant aux surprises ou aux folies qui ont marqué ses romans de jeunesse (<em>Le zèbre, L&#8217;île des gauchers</em>). «Les gens sont plus prêts qu&#8217;on ne le pense à mettre en scène leur vie», croit-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Confessions de lecteurs</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Alexandre Jardin assure que sa boîte aux lettres déborde des confessions que des lecteurs lui font de leurs folies. Pas plus tard que cette semaine, une animatrice de radio lui parlait de sa vie sexuelle, côté finances. En Alsace, un métallo lui a aussi offert une pantoufle d&#8217;acier pour le remercier des «idées folles» que Jardin a inspirées à son couple.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">L&#8217;écrivain lui-même raconte les facéties auxquelles il se livre: voler un parfum avec sa femme dans un magasin, pour partir en courant et faire de cet objet une aventure; envoyer, au restaurant, à un couple qui ne se parle pas, une note anonyme destinée à madame et donnant un (faux) rendez-vous galant. «Ça me paraît essentiel d&#8217;accepter le jeu: ça vivifie tout.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La quarantaine bien entamée, Alexandre Jardin répare avec ce <em>Fanfan</em>, acte 2, l&#8217;illusion qu&#8217;il a créée avec le romantisme de ses livres amoureux. «Ça termine tout mon cycle de romans amoureux. Je ne me vois pas écrire autre chose, ni écrire sur un autre archétype», dit-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Alexandre Jardin devrait revenir dans un style tout à fait inattendu, nous promet-il. «C&#8217;est un roman tellement effrayant que je n&#8217;ose même pas en parler à mon éditeur. Je meurs d&#8217;envie de le faire, c&#8217;est très important, mais je ne sais pas si je vais y arriver. Je vais me faire descendre et ce sera peut-être justifié.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :<br />
Extrait de l’article d’anabelle Nicoud parue sur cyberpresse le 21 novembre 2009</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/romans/200911/21/01-923892-alexandre-jardin-cote-coeur.php" target="_blank">Voir la source</a>. </span></p>
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		<title>Dan Brown : la simplicité du roi de l&#8217;énigme</title>
		<link>http://blogue.placedulivre.com/index.php/2009/11/30/dan-brown-la-simplicite-du-roi-de-lenigme/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 09:25:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité littéraire]]></category>
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		<description><![CDATA[Six ans après Da Vinci Code, paraît Le symbole perdu. Le troisième rendez-vous de Dan Brown avec le professeur de symbologie religieuse Robert Langdon. Un rendez-vous qui n&#8217;est peut-être pas le dernier, révèle le romancier lors d&#8217;une rare entrevue qu&#8217;il a accordée à Sonia Sarfati. Dan Brown a beau raffoler des énigmes et des codes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Six ans après <em>Da Vinci Code,</em> paraît <a href="http://www.placedulivre.com/le-symbole-perdu/produit-2319724.htm" target="_blank">Le symbole perdu</a>. Le troisième rendez-vous de <a href="http://www.placedulivre.com/auteurs/Dan%20Brown.htm" target="_blank">Dan Brown</a> avec le professeur de symbologie religieuse Robert Langdon. Un rendez-vous qui n&#8217;est peut-être pas le dernier, révèle le romancier lors d&#8217;une rare entrevue qu&#8217;il a accordée à Sonia Sarfati.<span id="more-1459"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Dan Brown a beau raffoler des énigmes et des codes, il est du genre précis et cartésien quand on lui parle. Ajoutez à cela humour et simplicité. La surprise est belle au bout du fil, quand on craignait l&#8217;écrivain qui se prend très &#8211; trop &#8211; au sérieux, le romancier sur la défensive. Car le succès, après tout, c&#8217;est suspect. Joint par téléphone dans le New Hampshire, à Exeter, sa ville natale, l&#8217;auteur de <em>Da Vinci Code</em> rit plutôt de manière bon enfant et répond aux questions sans patiner.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Au programme de cette rare entrevue (il en accorde en effet très peu, n&#8217;en a pas besoin et ses livres se débrouillent sans lui):<em> Le symbole perdu</em>, qui paraît en français le 27 novembre, soit six ans après ce phénomène qu&#8217;est devenu <em>Da Vinci Code</em>. Bien sûr, l&#8217;inévitable question: pourquoi si longtemps?<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">D&#8217;abord, il l&#8217;admet, il a subi la pression du succès de cette deuxième enquête du professeur de symbologie religieuse Robert Langdon, que l&#8217;on avait déjà suivi dans Anges et démons. Un succès qu&#8217;il attribue «au fait que beaucoup de gens sentent depuis longtemps que certains éléments de l&#8217;histoire chrétienne ne sont pas vraiment exacts. Et les gens cherchent des réponses qui ont du sens.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Et puis, poursuit-il, «le sujet du <em>Symbole perdu</em> est complexe, il y a quelque chose de très &laquo;&nbsp;choquant&nbsp;&raquo; dans les réponses que trouve Robert Langdon. J&#8217;avais besoin de temps pour faire de la recherche, pour être sûr de tout comprendre et pour être certain d&#8217;arriver à croire, moi-même, en ce que j&#8217;avais trouvé». Et dont il est impossible de dire quoi que ce soit sans commettre un crime de lèse-<em>punch</em>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><strong>Secrets de francs-maçons</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Permission accordée, toutefois, de mentionner que <em>Le symbole perdu</em> pénètre dans les arcanes de la franc-maçonnerie. C&#8217;est la société secrète que Dan Brown explore cette fois-ci, après les Illuminati dans <em>Anges et Démons</em> et l&#8217;Opus Dei dans <em>Da Vinci Code</em>. Le roman s&#8217;ouvre sur une scène de rituel secret, qui se déroule dans un temple situé tout près de la Maison-Blanche. Un rituel troublant, que Dan Brown assure véridique, vérifié et vérifiable &#8211; en tout cas, pour qui possède ses sources.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«J&#8217;ai trouvé des informations dans de très vieux livres, dit-il. Mais j&#8217;ai aussi discuté avec des francs-maçons. Ils m&#8217;ont parlé de leur philosophie, mais pas de leurs rituels, qui sont extrêmement secrets. En fait, ils m&#8217;en veulent d&#8217;avoir révélé des choses sur ce sujet-là.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Ce n&#8217;est toutefois pas une réaction aussi extrême que celle des autorités de l&#8217;Église catholique face aux «découvertes» de Robert Langdon dans <em>Anges et Démons</em> et <em>Da Vinci Code</em>. Pour la bonne raison que, dans cette histoire où Robert Langdon repart en guerre après avoir découvert la main amputée &#8211; et tatouée &#8211; de son mentor, les francs-maçons sont présentés de manière plus fascinante que perturbante.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Mais si mes recherches m&#8217;avaient fait découvrir une organisation menaçante, je l&#8217;aurais décrite ainsi», poursuit celui qui affirme ne pas être un franc-maçon. «Et je peux vous le prouver, rigole-t-il. C&#8217;est une organisation secrète, si j&#8217;en étais membre, j&#8217;aurai prêté un serment de ne rien dire sur le sujet. Or j&#8217;aime révéler des secrets.» Ne gagne-t-il pas sa vie ainsi? Et plus que très bien, en plus! Nouveaux rires. Parce qu&#8217;il se trouve à des années-lumière de ce qu&#8217;il n&#8217;avait jamais rêvé quand, tout jeune, il écrivait nouvelles et poèmes &#8211; et, plus tard, chansons. «Ce qui m&#8217;arrive est inespéré et merveilleux», admet-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :<br />
Extrait de l’entrevue de Sonia Sarfati paru dans Cyberpresse le 21 novembre 2009</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/entrevues/200911/21/01-923789-dan-brown-la-simplicite-du-roi-de-lenigme.php" target="_blank">Voir la source</a>. </span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Janette Bertrand : observer le genre humain</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 21:44:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Équipe éditoriale du blogue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment retrouve-t-on le goût de vivre? Une grande question avec laquelle Janette Bertrand a décidé de jongler et de s&#8217;amuser avec son deuxième roman, Le cocon. Car entre le désespoir et le bonheur, il n&#8217;y a souvent qu&#8217;un tout petit pas à faire vers l&#8217;autre. «Je voulais prendre le suicide par l&#8217;autre bout de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img class="alignnone size-full wp-image-1409" title="cocon" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/11/cocon.jpg" alt="cocon" width="80" height="120" /></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><br />
Comment retrouve-t-on le goût de vivre? Une grande question avec laquelle Janette Bertrand a décidé de jongler et de s&#8217;amuser avec son deuxième roman,<em> <a href="http://www.placedulivre.com/le-cocon/produit-2232428.htm" target="_blank">Le cocon</a></em>. Car entre le désespoir et le bonheur, il n&#8217;y a souvent qu&#8217;un tout petit pas à faire vers l&#8217;autre.<span id="more-1408"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je voulais prendre le suicide par l&#8217;autre bout de la lorgnette. Comment un homme qui nage dans un complet désespoir peut-il retrouver le goût de vivre?» explique l&#8217;auteure, qui après son autobiographie, Ma vie en trois actes, avait offert un tout premier roman, <em><a href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0421840" target="_blank">Le bien des miens</a></em>, en 2007.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Pour mettre fin à ses souffrances, il se jette devant l&#8217;autobus que conduit Nicole, une femme au coeur gros comme la main et aux réflexes assez aiguisés pour freiner en douceur. À défaut de se retrouver au ciel près des siens, André atterrit au Cocon, le surnom d&#8217;une coopérative du Faubourg à m&#8217;lasse, sous l&#8217;aile protectrice de Nicole.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Le cocon, c&#8217;est un autre mot pour dire famille. Les gens de la coop se sont recréé dans cet espace une famille avec ses propres règles. Une famille dont André pourrait devenir le père», poursuit Janette Bertrand.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Dans cet édifice modeste où les galeries se touchent pour mieux s&#8217;épier, André découvre un univers en soi qui attendait justement l&#8217;arrivée d&#8217;un homme comme lui.<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Pour quelqu&#8217;un comme André qui veut se suicider, il y a surtout ce désir d&#8217;arrêter de souffrir. Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre issue. Mais parfois, dans la vie, il y a des portes qui s&#8217;ouvrent, quand ce n&#8217;est pas un autobus qui passe!» ajoute en riant Janette Bertrand, qui travaille ces jours-ci à l&#8217;écriture d&#8217;un conte pour enfants qui devrait être publié l&#8217;an prochain.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">À la coop, les personnages masculins, qui sont de plusieurs générations, ont tous un point en commun: ils sont malheureux alors que la solution à leurs problèmes est à portée de main, quand elle n&#8217;est pas tout simplement dans l&#8217;appartement voisin. Des hommes comme le jeune Guillaume, qui aime mieux lever des haltères que de s&#8217;occuper de sa fille, ou encore Roméo, qui parle à sa femme défunte comme si elle était encore là.<br />
</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«J&#8217;aime observer le genre humain, je ne juge personne «, souligne l&#8217;auteure de 84 ans, qui dit s&#8217;être bien amusée avec cette galerie de personnages qu&#8217;elle qualifie de «haut en couleurs». «J&#8217;ai toujours aimé mélanger le comique avec le dramatique, je le faisais déjà à l&#8217;époque de<em> L&#8217;amour avec un grand A</em>.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Source :</span></p>
<p>Extrait de l’article de Geneviève Turcot paru dans cyberpresse le 14 novembre 2009</p>
<p><a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/200911/14/01-921769-janette-bertrand-observer-le-genre-humain.php" target="_blank">Voir la source </a></p>
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		<title>Frédéric Beigbeder: grandis un peu, mon garçon&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 09:30:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[roman contemporain]]></category>

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		<description><![CDATA[Frédéric Beigbeder a signé huit romans au cours des vingt dernières années, et pourtant, pas un seul n&#8217;évoquait le passé. Un séjour en prison de 36 heures après une arrestation pour consommation de cocaïne sur le capot d&#8217;une Chrysler lui a fait réaliser qu&#8217;il était grand temps qu&#8217;il soigne son amnésie. Le résultat est Un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img class="alignnone size-full wp-image-1365" title="romanFrancais" src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/10/romanFrancais.jpg" alt="romanFrancais" width="80" height="127" /></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a href="http://www.placedulivre.com/auteurs/Frédéric%20Beigbeder.htm" target="_blank">Frédéric Beigbeder</a> a signé huit romans au cours des vingt dernières années, et pourtant, pas un seul n&#8217;évoquait le passé. Un séjour en prison de 36 heures après une arrestation pour consommation de cocaïne sur le capot d&#8217;une Chrysler lui a fait réaliser qu&#8217;il était grand temps qu&#8217;il soigne son amnésie. Le résultat est <em><a href="http://www.placedulivre.com/un-roman-francais/produit-2205522.htm" target="_blank">Un roman français</a></em>, paru il y a un mois à Paris dans une forte odeur de controverse.<span id="more-1364"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Quelle étiquette lui donner ? Enfant terrible des lettres françaises ? Égoïste romantique ? Dandy pessimiste ? Hédoniste frimeur et narcissique ? Bourgeois canaille et iconoclaste ? Pendant que j&#8217;attends Frédéric Beigbeder dans le hall de l&#8217;hôtel Germain, où il vient de poser ses valises, je jongle avec les formules et les qualificatifs. Depuis le temps qu&#8217;il fait parler de lui dans la presse sérieuse comme dans la presse «pipole», on a collé sur le grand front de Frédéric Beigbeder toutes les étiquettes possibles et imaginables. Elles flottent encore dans l&#8217;air du temps, mais avec la parution d&#8217;un neuvième roman marqué par le sceau de la culpabilité et de la contrition, leur encre forte semble un brin délavée. <em>Un roman français</em>, une œuvre hautement autobiographique, annonce en effet l&#8217;avènement d&#8217;un nouveau Beigbeder qui, à 44 ans, semble avoir décidé de se ressaisir et de transformer l&#8217;adolescent noceur en lui en adulte mature, responsable et vacciné. A-t-il changé autant que son roman le laisse entendre ? C&#8217;est ce qu&#8217;on va voir.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il arrive. Longue liane de plus de six pieds, corps filiforme, voix douce, bonnes manières, sourire engageant. Après m&#8217;avoir serré la main, il m&#8217;annonce qu&#8217;il a trop picolé la veille avec Kate Moss, son mec, Sean Lennon, et sa «nana canon», et que par conséquent il ne boira que&#8230; du vin blanc. Vous buvez encore ?</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Évidemment, qu&#8217;est-ce que vous croyez ?»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il ne s&#8217;agit pas de ce que je crois, mais de ce que j&#8217;ai lu, notamment à la page 203 de son roman. Évoquant son frère Charles, titulaire de la Légion d&#8217;honneur, marié à la même femme depuis 30 ans, père de trois enfants, abonné à la messe du dimanche et bon ami de Sarkozy, Beigbeder écrit : «Mon frère monogame serait-il plus heureux que moi ? Je constate que la vertu et la foi semblent lui procurer plus de bonheur que mon hédonisme et mon matérialisme. Je jouis la nuit en prenant des airs supérieurs sans voir que je suis le plus bourgeois des deux.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le paragraphe me semble révélateur d&#8217;une aspiration à une vie plus saine et lucide, non ? Eh bien, non ! Malgré tout le bien que Beigbeder écrit au sujet de son frère, il ne changerait de place avec lui pour rien au monde. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je ne pense que je pourrais vivre la vie de mon frère. Et quand je mets en opposition sa Légion d&#8217;honneur avec ma garde à vue, le contraste entre nos vies ne m&#8217;afflige pas. Au contraire. Il me fait rigoler.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La Légion d&#8217;honneur du grand frère et l&#8217;arrestation simultanée de son cadet ne sont en réalité qu&#8217;un prétexte pour permettre à Beigbeder de faire ce qu&#8217;il n&#8217;avait jamais osé faire auparavant : plonger dans son passé pour raconter une enfance riche, douce et dorée, ternie par le divorce de ses parents au début des années 70 alors qu&#8217;il avait 7 ans. Et en filigrane de cette enfance française, vécue entre «la bourgeoise excentrique de papa» et «la noblesse fauchée de maman», Beigbeder dessine le portrait d&#8217;une France qu&#8217;il décrit comme «un pays suicidé qui a réussi à perdre deux guerres en faisant semblant qu&#8217;il les avait gagnées et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance».</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Quand il écrit, Beigbeder est dur et cassant à l&#8217;égard de sa mère patrie. Dur et critique envers lui-même aussi. Mais en entrevue, tout devient plus flou, mou, sinueux, comme quelqu&#8217;un qui suit le courant et qui peut aussi bien dire tout et son contraire. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Cette souplesse extrême explique peut-être pourquoi Beigbeder a accepté que son éditeur retranche de son livre un passage particulièrement virulent où il réglait ses comptes avec Jean-Claude Marin, le procureur qui a sans raison prolongé sa garde à vue de 24 heures, le même procureur qui vient de traduire l&#8217;ex-premier ministre Dominique de Villepin en justice au sujet d&#8217;une campagne de dénigrement qu&#8217;il aurait orchestrée contre Nicolas Sarkozy.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Me battre pour trois pages, je n&#8217;en voyais pas l&#8217;intérêt. Et puis, la façon dont j&#8217;ai reformulé les choses en écrivant que je n&#8217;avais malheureusement pas le droit d&#8217;écrire tout le bien que je pensais de Jean-Claude Marin est meilleure. Au lieu de donner dans la violence outrageante, j&#8217;ai préféré l&#8217;hypocrisie littéraire. Je pense que j&#8217;ai eu raison.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Chose certaine, cette affaire de censure s&#8217;est avérée un formidable coup de pub pour le roman. Et comme la décision de couper le passage incriminant a été prise à la dernière minute alors que des exemplaires non censurés avaient déjà été envoyées aux médias &#8211; qui se sont empressés de publier le passage controversé -, Beigbeder a gagné sur tous les fronts. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Après des critiques pour la plupart favorables et des ventes qui ont vite grimpé et l&#8217;ont mis en tête des palmarès, la rumeur publique l&#8217;envoyait parmi les finalistes du prix Goncourt. Il n&#8217;en fut rien. Beigbeder ne s&#8217;est même pas rendu au premier tour. S&#8217;il est déçu, il ne le laisse pas voir et se rabat sur sa nomination au prix Renaudot.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Vous savez, les prix servent surtout à révéler les jeunes talents qui en ont besoin plus que moi. Moi, je suis connu et je n&#8217;ai aucune difficulté à vendre mes livres, alors que je sois en nomination ou non pour le Goncourt, ça ne change pas grand-chose pour moi.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Plus je l&#8217;écoute et plus j&#8217;ai l&#8217;impression que le Beigbeder nouveau est en réalité le même vieux Beigbeder, mais un peu plus calme et un peu mieux dans sa peau qu&#8217;avant.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il confirme qu&#8217;il se sent effectivement mieux dans sa peau et que tout compte fait, son séjour en prison lui été, d&#8217;une certaine manière, bénéfique. Enfin, il ne le dit pas aussi clairement, mais il admet que l&#8217;idée d&#8217;aller sniffer de la cocaïne sur le capot d&#8217;une Chrysler était à la fois un geste d&#8217;ado attardé, mais aussi une sorte d&#8217;appel</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">«Je crois que j&#8217;avais envie qu&#8217;on me dise : grandis un peu, mon garçon. Envie de me faire rappeler à l&#8217;ordre. Ça tombait bien puisque l&#8217;État français est un État foncièrement paternaliste qui cherche à vous protéger de vous-même. Comme je l&#8217;ai écrit, la grande différence entre la génération de mes parents et la mienne, c&#8217;est que dans leur jeunesse, les libertés augmentaient. Durant la mienne, elles n&#8217;ont fait que diminuer.»</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Son bref séjour en prison, qui s&#8217;est soldé par une amende et une injonction thérapeutique l&#8217;obligeant à consulter une psy, a fait de lui, temporairement du moins, un ardent détracteur des prisons françaises qu&#8217;il décrit comme moyenâgeuses, inhumaines et dégradantes, surtout le Dépôt où il a été enfermé. Étrangement, depuis la parution de son roman, certaines cellules du Dépôt ont été rénovées et pourvues de toilettes et de lits. Coïncidence ? Il ne saurait le dire.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Farouchement anti-Sarkozy même si Carla Bruni fut autrefois une amie, il a tout de même assisté à la remise de la Légion d&#8217;honneur à son frère par le président, quelques jours seulement après sa garde à vue. Il n&#8217;a pas profité de l&#8217;occasion pour se plaindre à Sarko de sa détention. Il ne lui a d&#8217;ailleurs pas serré la main. Il s&#8217;est contenté de rester en retrait dans la salle des Fêtes à l&#8217;Élysée, puis, se tournant vers une fenêtre embuée par le froid, il y a tracé un grand A pour Anarchie. Ce geste rebelle et romanesque est consigné dans son roman. Comme l&#8217;est tout ce qu&#8217;il raconte, preuve qu&#8217;il n&#8217;y a pas de nouveau Beigbeder : seulement un écrivain qui semble vivre pour mieux pouvoir raconter sa vie.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/200910/09/01-910270-frederic-beigbeder-grandis-un-peu-mon-garcon.php" target="_blank">Voir la source</a>.</span></p>
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