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	<title>Blogue Juste pour lire &#124; Blog littéraire de Québec Loisirs et Place du livre &#187; extrait</title>
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		<title>Mange, prie, aime</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Mar 2009 13:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>
		<category><![CDATA[spiritualité]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, je vous propose de parler du livre Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert. Trente ans et tout pour être heureuse. Mais elle ne l&#8217;est pas, pas du tout ! Et si elle partait dans le vaste monde trouver un sens à sa vie ? Voilà notre Elizabeth en Italie qui goûte aux délices de la dolce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/03/0162448_86.jpg" alt="0162448_86.jpg" /></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Aujourd’hui, je vous propose de parler du livre <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0162448"><em>Mange, prie, aime</em></a> d’<a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Elizabeth%20Gilbert">Elizabeth Gilbert</a>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Trente ans et tout pour être heureuse. Mais elle ne l&#8217;est pas, pas du tout ! Et si elle partait dans le vaste monde trouver un sens à sa vie ? Voilà notre Elizabeth en Italie qui goûte aux délices de la dolce vita ! Quatre mois et 12 kilos plus tard, elle prie en Inde dans un ashram. L&#8217;Indonésie lui ouvrira enfin les portes des plaisirs de la chair&#8230;<span id="more-782"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">On en a toutes rêvé, elle l&#8217;a fait ! Enlevée, drôle, sensuelle, son histoire nous fait un bien fou ! Pas étonnant qu&#8217;il soit devenu un véritable phénomène : 4,5 millions d&#8217;exemplaires vendus et bientôt un film avec Julia Roberts !</span></p>
<p><span style="float: right; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/03/elizabethgilbert.jpg" alt="elizabethgilbert.jpg" /></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Je vous propose de découvrir un extrait du livre :</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>J&#8217;aimerais bien que Giovanni m&#8217;embrasse.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Oui&#8230; mais pour tout un tas de raisons, ce serait une très mauvaise idée. Pour commencer, Giovanni a dix ans de moins que moi et &#8211; comme la plupart des Italiens d&#8217;une vingtaine d&#8217;années &#8211; il vit encore chez sa mère. Ces faits à eux seuls me le désignent comme un improbable partenaire amoureux, compte tenu que je suis une Américaine américaine jusqu&#8217;au bout des ongles, âgée d&#8217;une trentaine d&#8217;années, qui réchappe à peine du naufrage de son couple et d&#8217;un interminable divorce très éprouvant, et qui s&#8217;est jetée à corps perdu immédiatement après dans une aventure sentimentale s&#8217;étant achevée en fastidieux chagrin d&#8217;amour. Cette série d&#8217;épreuves m&#8217;a rendue triste, fragile, et me donne l&#8217;impression d&#8217;avoir sept mille ans. Par pure question de principe, je me refuse à infliger la pauvre épave cabossée que je suis au joli Giovanni indemne. Sans compter que j&#8217;ai fini par atteindre cet âge où une femme en vient à se demander si le moyen le plus sage de se remettre de la perte d&#8217;un bel homme aux yeux de velours est vraiment d&#8217;en inviter aussi sec un autre dans son lit. Ce pourquoi je suis seule depuis de si longs mois maintenant. Ce pourquoi j&#8217;ai même décidé de m&#8217;astreindre à une année entière de célibat.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Ce à quoi un observateur futé pourrait objecter : « Mais alors, pourquoi être venue en Italie ? »Ce à quoi je ne peux que répondre &#8211; surtout lorsque je regarde le séduisant Giovanni attablé en face de moi &#8211; : « Excellente question. »</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Giovanni est mon partenaire de tandem linguistique. En dépit des apparences, le terme n&#8217;abrite aucune insinuation tendancieuse &#8211; malheureusement. Il signifie seulement que nous nous retrouvons quelques soirs par semaine, ici à Rome, pour pratiquer chacun la langue de l&#8217;autre. D&#8217;abord, nous conversons en italien, et Giovanni se montre patient avec moi ; ensuite, nous parlons en anglais, et c&#8217;est à mon tour de faire montre de patience. J&#8217;ai découvert Giovanni quelques semaines après mon arrivée à Rome, grâce au grand cybercafé de la Piazza Barberini, sis en face de cette fontaine ornée d&#8217;un triton redoutablement sexy en train de souffler dans un coquillage. Il y avait mis une petite annonce (Giovanni, s&#8217;entend &#8211; pas le triton) sur le tableau d&#8217;affichage, indiquant qu&#8217;un garçon de langue maternelle italienne cherchait une personne de langue maternelle anglaise pour un échange de conversations. Juste à côté de son appel à candidature se trouvait une autre petite annonce formulant la même demande, identique mot pour mot, jusque dans le choix du caractère d&#8217;imprimerie. Seul différait le nom de la personne à contacter. Une des annonces indiquait l&#8217;adresse e-mail d&#8217;un dénommé Giovanni ; l&#8217;autre, celle d&#8217;un certain Dario. Mais même le numéro de téléphone était identique.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Avec intuition et perspicacité, j&#8217;ai adressé un e-mail à chacun des deux hommes, en leur demandant en italien : « Seriez-vous frères ? »</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>C&#8217;est Giovanni qui m&#8217;a renvoyé ce message très provocativo : « Mieux. Jumeaux ! »Oui, bien mieux &#8211; deux beaux grands bruns de vingt-cinq ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d&#8217;eau, avec ces immenses yeux latins à la pupille de velours qui me font complètement craquer. Après ma rencontre avec ces deux garçons en chair et en os, je me suis demandé si je ne serais pas bien inspirée d&#8217;amender le décret instituant mon année de célibat. Par exemple, je pourrais rester totalement célibataire tout en gardant exceptionnellement une paire de beaux jumeaux italiens de vingt-cinq ans à titre d&#8217;amants. Cela me rappelait vaguement un de mes amis qui est végétarien, excepté en ce qui concerne le bacon, mais bon&#8230;</em></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0162448">Lire la suite</a></span></p>
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		<title>Terreur à Tracadie</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Feb 2009 20:02:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>
		<category><![CDATA[suspense]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour bien démarrer la semaine, je vous propose de parler du dernier livre de Kathy Reichs, Terreur à Tracadie. Pour Tempe, la disparition de son amie Évangéline Landry, petite Acadienne venue vivre à Charlotte, a toujours été mystérieuse. Trente ans plus tard, Tempe ne peut s&#8217;empêcher de se demander si le squelette qu&#8217;elle doit analyser, découvert près [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/02/0820028_106.jpg" alt="0820028_106.jpg" /></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Pour bien démarrer la semaine, je vous propose de parler du dernier livre de <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Kathy%20Reichs">Kathy Reichs</a>, <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0820028">Terreur à Tracadie</a>. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Pour Tempe, la disparition de son amie Évangéline Landry, petite Acadienne venue vivre à Charlotte, a toujours été mystérieuse.</span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Trente ans plus tard, Tempe ne peut s&#8217;empêcher de se demander si le squelette qu&#8217;elle doit analyser, découvert près de Tracadie, appartient à son amie. Elle n&#8217;ose pas penser à ce qui aurait pu causer les lésions trouvées sur les os de la jeune fille.<span id="more-732"></span></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">De son côté, l&#8217;ami de coeur de Tempe, le beau Ryan, mène une enquête sur la mort de trois jeunes filles et la disparition de quatre autres. Coïncidence ?</span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Pendant que Tempe s&#8217;appuie sur les techniques les plus poussées de l&#8217;anthropologie judiciaire pour résoudre un crime du passé, Ryan poursuit un redoutable prédateur sexuel, qui court toujours&#8230;Intelligence alerte, flegme à toute épreuve, la flamboyante Temperance Brennan mène l&#8217;enquête. Cette fois, l&#8217;horreur la touche de très près&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Découvrons ensemble un extrait :</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Des bébés meurent, des gens disparaissent. Les gens meurent, des bébés disparaissent.Ces vérités ont très tôt martelé ma conscience. Je savais bien sûr que la vie avait un début et une fin, mais à la façon des enfants. À l&#8217;école, les bonnes soeurs nous parlaient du ciel, du purgatoire, des limbes et de l&#8217;enfer. Je savais que les gens plus vieux que moi « passeraient ». C&#8217;est comme ça qu&#8217;on enrobait le sujet, chez nous : les gens « passaient ». Étaient désormais auprès de Dieu. Reposaient en paix. Et j&#8217;acceptais plus ou moins clairement ce fait : la vie sur terre n&#8217;était qu&#8217;un passage. N&#8217;empêche, les disparitions de mon petit frère puis de mon père m&#8217;ont durement touchée, même si je m&#8217;y attendais, en quelque sorte.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>En revanche, celle d&#8217;Évangéline Landry m&#8217;est demeurée inexplicable.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Mais chaque chose en son temps, revenons en arrière. Voici les faits.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Petite fille, j&#8217;habitais Beverly, un quartier du sud de Chicago fondé après le grand incendie de 1871 et destiné à accueillir la bonne société. Ce lieu de retraite regroupait entre ses vastes pelouses des clans d&#8217;Irlandais catholiques dont l&#8217;arbre généalogique comptait plus de branches que les ormes immenses qui bordaient les rues. Un peu négligée à l&#8217;époque, Beverly avait cependant retrouvé son lustre, sous l&#8217;impulsion des baby-boomers désireux de vivre dans la nature mais pas trop loin du Loop, quartier des affaires au centre-ville.</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Située dans la partie la moins huppée et la plus éloignée du centre de Chicago, notre maison avait vu naître toutes ses voisines. Blanche avec des volets verts et une véranda tout autour, c&#8217;était une ancienne ferme ; elle se targuait de posséder une vieille pompe à eau à l&#8217;arrière ainsi qu&#8217;une étable qui avait abrité vaches et chevaux avant d&#8217;être changée en garage</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Je conserve de ce temps et de ce lieu mille souvenirs heureux. L&#8217;hiver, les enfants s&#8217;amusaient sur un terrain vague métamorphosé en patinoire par des tuyaux d&#8217;arrosage. Papa m&#8217;installait sur mes patins à doubles lames et frottait la saleté de mon habit de neige quand je tombais tête première. L&#8217;été, nous jouions au kickball, au chat ou déambulions dans les rues. Avec ma soeur, Harry, nous nous amusions à attraper des lucioles que nous gardions dans des pots en verre fermés par des couvercles percés de trous</em></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Durant les longs hivers du Middle West, les innombrables oncles et tantes de la branche Brennan se retrouvaient pour jouer aux cartes dans notre salon éclectiquement délabré. Routine invariable : le dîner achevé, maman sortait les petites tables rangées dans l&#8217;armoire de l&#8217;entrée, leur donnait un coup de chiffon et en dépliait les pieds. Harry les recouvrait d&#8217;une nappe blanche et, moi, je posais les jeux de cartes, les serviettes, les plats de cacahuètes.</em></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0820028">Lire la suite de l’extrait</a>. </span></p>
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		<title>M. et Mme Jean-Baptiste Rouet</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Feb 2009 13:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>
		<category><![CDATA[roman québécois]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous propose aujourd’hui de parler du dernier livre de Denis Monette, M. et Mme Jean-Baptiste Rouet. Abandonné à sa naissance en 1882 et recueilli par la maîtresse de piano du village, Jean-Baptiste Rouet ne profitera que quelques années de sa mère adoptive qui, hélas, décède peu de temps après. Passant de l&#8217;orphelinat à des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/02/0823163_106.jpg" alt="0823163_106.jpg" /></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Je vous propose aujourd’hui de parler du dernier livre de Denis Monette, <a href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0823163"><em>M. et Mme Jean-Baptiste Rouet</em></a>. </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Abandonné à sa naissance en 1882 et recueilli par la maîtresse de piano du village, Jean-Baptiste Rouet ne profitera que quelques années de sa mère adoptive qui, hélas, décède peu de temps après. Passant de l&#8217;orphelinat à des maisons d&#8217;accueil, il subira de multiples déboires. Débardeur à Montréal, il fait la connaissance de Mignonne Turin, fille de notaire, qu&#8217;il épousera en 1903 malgré le mépris de son beau-père. Soutenu par l&#8217;amour de sa femme et des enfants qui viendront, Baptiste, comme l&#8217;appelle Mignonne, tente de trouver sa voie en dépit d&#8217;un vice ancré, la boisson.<span id="more-726"></span></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Les années s&#8217;écoulent, la Première Guerre mondiale éclate et Jean-Baptiste y échappera. Mais Mignonne verra son unique frère, Édouard, partir outre-mer en laissant derrière lui Florence, celle qu&#8217;il aime. Mignonne, qui survivra à neuf grossesses, aura sa part de <span style="float: right; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2009/02/monettedenis.jpg" alt="monettedenis.jpg" /></span>chagrins et de joies avec les enfants que le bon Dieu viendra lui retirer et ceux qu&#8217;il lui aura laissés. Quittant la paroisse Sainte-Brigide-de-Kildare, les Rouet vont s&#8217;établir dans le quartier de l&#8217;église Saint-Édouard, à peine défriché. Et ce, dans le but d&#8217;y être heureux, loin du beau-père qui envenime leur existence. L&#8217;accalmie, puis encore la tristesse dans le cœur de Mignonne à cause de son homme&#8230;</span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Mais les enfants grandissent : Bernadette s&#8217;efface, Joshua s&#8217;impose, Cécile prend son envol, François se cherche&#8230;</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Découvrons ensemble un extrait :</span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Il faisait froid, bien entendu, en ce surlendemain du Jour de l&#8217;an 1903. Ce qui n&#8217;avait pas empêché le curé de la paroisse Sainte-Brigide-de-Kildare d&#8217;illuminer son église comme il le faisait chaque fois qu&#8217;on célébrait un mariage. L&#8217;électricité qui était diffusée dans le quartier depuis 1901 n&#8217;était encore accessible qu&#8217;aux notables, au presbytère et à l&#8217;église, mais avec modération, surtout lorsque s&#8217;annonçaient les tempêtes. Les autres, les pauvres, devaient se contenter encore des lampes à huile ou même de bougies pour s&#8217;éclairer plus faiblement. Mais ce jour-là, en ce premier samedi de janvier, le 3 plus précisément, on avait allumé plus que de coutume puisque c&#8217;était Mignonne, la fille aînée d&#8217;Honoré Turin, notaire en vue, qui prenait époux devant l&#8217;autel où la voilure de la statue de la Vierge était si satinée qu&#8217;on avait envie de la palper. L&#8217;organiste en était aux dernières notes de la marche nuptiale et c&#8217;est avec un sourire que Jean-Baptiste Rouet accueillait celle qui, s&#8217;avançant au bras de son père, allait porter son nom et lui donner, si Dieu le voulait, cinq, neuf ou douze enfants.</em></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><em>Menue, les traits délicats, Mignonne Turin était l&#8217;une des plus jolies filles du quartier. Ayant laissé sa cape blanche aux bons soins de sa mère, la mariée déployait une longue robe de tulle avec une boucle à la taille, rehaussée d&#8217;un boléro à collet haut et aux manches longues et transparentes. Une élégante toilette conçue par mademoiselle Bazinet, la couturière de sa mère. Les cheveux remontés et enfouis sous un large chapeau en forme de nid d&#8217;oiseau, on pouvait discerner dans les yeux de cette enfant de dix-sept ans tout le bonheur qu&#8217;elle éprouvait. De sa main frêle aux doigts fins, elle tenait un fragile bouquet de roses blanches qu&#8217;elle déposa gracieusement sur l&#8217;accoudoir du prie-Dieu où elle allait prendre place. Jean-Baptiste, à peine plus grand qu&#8217;elle quoique costaud, avait revêtu le bel habit noir de circonstance que son beau-père lui avait payé de ses deniers. Chemise à col blanc empesé, souliers cirés, cheveux roux soigneusement placés, moustache fraîchement taillée, il avait belle allure, le m arié, sans être pour autant le plus bel homme de la paroisse. Vingt ans, toutes ses dents, propre, honnête, mais débardeur de métier et sans famille, il n&#8217;était guère dans la mire du fier notaire quand vint le temps de marier sa fille. Honoré Turin aurait tant souhaité que sa douce Mignonne épouse un médecin, un maître d&#8217;école ou un avocat. Les prétendants de ce calibre ne manquaient pas, mais c&#8217;est sur Jean-Baptiste que la tendre jeune fille avait jeté son dévolu. Que sur lui, aucun autre ! Au grand désespoir de son père qui, devant son flot de larmes, avait fini par accepter cette union qui ne lui plaisait guère. Madame Turin, plus indulgente, ne souhaitait que le bonheur de sa fille, mais Honoré, fort déçu, avait trouvé le moyen de chuchoter à son fils de quinze ans, Édouard, surnommé « Pit » par sa mère, qu&#8217;il ne comprenait pas que Mignonne ait pu songer à faire sa vie avec un type qui n&#8217;avait rien devant lui, pas même la somme nécessaire pour se payer un habit. Jean-Baptiste Rouet, jeune, dépensier, n&#8217;av ait commencé à économiser que le jour où Mignonne lui avait dit l&#8217;aimer. Ce qui lui avait du moins permis de payer comptant, chez un bijoutier de la rue Sainte-Catherine, les alliances qu&#8217;il avait obtenues à rabais parce qu&#8217;elles dataient de quelques années.</em></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0823163">Voir la suite</a>. </span></p>
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		<title>Zhimei Zhang – « Beaumont : une tache de bleu dans le rouge » – épisode 5</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Nov 2008 13:30:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bloggeur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de Zhimei Zhang, auteure de Ma vie en rouge. Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. Découvrez cette semaine la fin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Zhimei%20Zhang">Zhimei Zhang</a>, auteure de <em><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0642180">Ma vie en rouge</a>.</em> Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Découvrez cette semaine la fin de cette incroyable aventure !<span id="more-602"></span></span></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Épisode 5</span></strong></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><o:p></o:p></span></strong><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">La Fête de Saint-Jean-Baptiste</span></u><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"></span></u><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"></span></u><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"></span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Alain avait été invité par le Lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duschesne, à une cérémonie de remise de médailles. Il m’y a emmenée. Deux groupes étaient honorés : les jeunes qui représentaient l’avenir du pays, et les aînés qui ont apporté une contribution significative à la société. Un des gagnants était finissant d’une école secondaire de la commission scolaire où Alain travaille. Il était très fier de ce jeune homme. En regardant le groupe des aînés, j’ai souhaité qu’un jour je puisse être reconnue aussi. « Peut-être devrais-je entrer à l’université et obtenir une licence en français.»</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Ce soir-là, nous sommes allés à Québec avec un autre couple pour la fête de Saint-Jean-Baptiste. Nous avons pensé prendre le traversier sans notre voiture, mais la file d’attente était incroyablement longue, comme on dit en chinois <em>ren shan ren hai </em>(</span><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial Unicode MS'">人山人海</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">une montagne de monde, une mer de monde). Il y avait une forte odeur de marijuana dans l’atmosphère et nous avions presque la tête qui tournait. Alain était surpris que je reconnaisse cette odeur distinctive. « Une fois que tu l’as sentie, tu ne l’oublies plus jamais, car c’est alléchant. Ce n’est pas étonnant qu’on devienne facilement accro. » Finalement, nous avons décidé de prendre notre voiture.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Au lieu d’aller parmi la foule où le spectacle et la mer de drapeaux bleu et blanc se trouvaient, nous sommes restés à l’écart. Les foules me rappellent la révolution culturelle en Chine quand des masses de gens devenaient fous, obsédés par une passion méconnaissable. En plus, je n’aime pas la musique forte. Néanmoins, j’étais curieuse de voir comment les gens de la capitale célébraient leur fête. Les jeunes s’amusaient beaucoup. Je n’ai pas vu beaucoup de personnes aux cheveux gris et je pense que j’étais la seule Chinoise. Beaucoup disaient qu’ils préféraient rester chez eux à regarder la télé, confortablement installés. C’est ce que j’aurais fait si j’étais restée à Montréal. Manifestement la bière était la boisson favorite de la foule. Dès minuit les rues étaient couvertes de cannettes. Les fouineurs de poubelles ont dû faire une petite fortune en les collectionnant pour 5¢ la cannette. Certains, soucieux de leur santé, avaient apporté de l’eau en bouteille, mais c’était la minorité et surtout des filles.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Maintenant, si loin de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, je me sens plus bleue que rouge, car j’ai porté un T-shirt <em>fleur de lys</em> comme celui d’Alain. Le sien porte la devise officielle du Québec <em>Je me souviens.</em></span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Un dernier mot </span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Mon séjour à Beaumont a été une des meilleures décisions de ma vie. J’ai enrichi ma connaissance et de la grammaire et de la culture française, non pas par des livres mais en participant à la vie quotidienne de mes amis là-bas.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">La gentillesse et l’hospitalité des Québécois m’ont impressionnée profondément. Ils m’ont ouvert leurs bras et m’ont accueillie comme une des leurs. Je ne pouvais pas demander mieux. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">J’ai été stupéfaite d’apprendre que <em>My Way</em> était d’abord une chanson française écrite par Claude François il y a une quarantaine d’années. D’ailleurs, la plupart de ceux à qui je le mentionnais ne me croyaient pas. Lorsque je l’avais entendue la première fois en Chine, chantée par Frank Sinatra, enregistrée sur un ruban magnétique, j’en étais tombée amoureuse. Le texte décrivait ma propre philosophie de vie. Et maintenant qu’on en retrouvait l’origine, je m’identifiais encore plus à la culture française. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">J’ai bien l’intention de poursuivre mon intégration dans la communauté francophone. J’ai d’ailleurs choisi le livre <em>Odette Toulemonde et autres histoires </em>d’Eric-Emmanuel Schmitt qu’Alain m’a offert pour continuer mes progrès en français. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Maintenant je sais que c’est possible de s’adapter et de s’accommoder à une autre culture à condition de respecter les valeurs et les traditions de l’autre. C’est à deux sens. Je comprends mieux pourquoi les Québécois tiennent à leur identité et à leur langue. En même temps, je sens plus d’ouverture de toute part. Qu’on pense au spectacle de Paul McCartney sur les Plaines d’Abraham pour le 400e anniversaire de Québec. Ce fut un grand succès malgré les contestations qui ont précédé l’événement. Presque 250,000 personnes étaient là. Alain aussi. Dans l’entrevue après le spectacle, le chanteur de 66 ans a dit, « Je suis ici pour enterrer la hache de guerre. »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Après un mois, je me suis préparée à quitter Beaumont. Alain m’a présenté un diplôme qu’il avait fait lui-même pour souligner ma réussite et mon intégration exceptionnelle à la culture francophone. Le parchemin était décoré d’un iris : <u>la tache de bleu</u>. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">« Mes amis de Beaumont, soyez assurés que je ne vous décevrai pas. » </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">La dernière journée, Alain m’a emmenée à l’église Sainte-Jeanne d’Arc où il avait servi pendant plus de cinq ans. J’en ai été très émue. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Qui aurait dit qu’à 73 ans, je serais si fière d’écrire en français, avec une plume de titanium noir et de bois de rose. Un cadeau d’Alain.</span></p>
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		<title>Zhimei Zhang – « Beaumont : une tache de bleu dans le rouge » – épisode 4</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Nov 2008 13:30:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bloggeur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de Zhimei Zhang, auteure de Ma vie en rouge. Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. Continuons de découvrir cette semaine la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de <a target="_blank" href="http://www.placedulivre.com/affichage/ficheauteurs.jsp?auteur=Zhimei%20Zhang">Zhimei Zhang</a>, auteure de <em><a target="_blank" href="http://www.placedulivre.com/ma-vie-en-rouge/produit-1108657.htm">Ma vie en rouge</a>.</em> Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Continuons de découvrir cette semaine la suite de ses aventures !<span id="more-572"></span></span></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Épisode 4</span></strong></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Mon anniversaire</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Pour mon anniversaire, mes enfants et Marcel ont chacun fait livrer des fleurs à Beaumont ; celles de Marcel étaient des roses à longues tiges. Alain est allé dans son jardin couper des lilas violets très parfumés. On a allongé la table en ajoutant le meuble d’ordinateur d’Andréanne, et on l’a couverte avec des nappes assorties. Toutes les chaises de la maison, quelques-unes un peu bancales, ont été mobilisées. L’argenterie et la porcelaine, dormant dans le placard depuis longtemps, ont repris vie. Les gens ont entonné <em>Bonne Fête</em> et <em>Happy Birthday</em> et Marguerite y est allée de la sienne. Naturellement, le <em>Gens du pays</em> de Gilles Vigneault, souvent entendu à l’occasion des anniversaires au Québec, était un must. Marcel avait apporté un gâteau préparé dans une pâtisserie chinoise de Montréal et décoré avec des vœux d’anniversaire écrits en français, anglais et chinois. J’ai dit un mot en français avant le souper : «… Pour la première fois, je ne me sens plus une étrangère parmi les francophones et je suis fière d’être une des vôtres. Mes amis à Montréal m’appellent <st1:personname productid="la Québécoise" w:st="on">la <em>Québécoise</em></st1:personname><em> pure soie</em> ou <st1:personname productid="la Québécoise" w:st="on">la <em>Québécoise</em></st1:personname><em> rouge</em>. » Le repas était constitué d’un trio de poisson, bœuf et poulet, plus deux salades et deux desserts. Il ne manquait que les baguettes et les serviettes rouges. Quel mélange ! Curieusement, je me sentais exactement comme la petite fille adoptée du film <em>Pure Laine</em>, qui dit : « Je suis toute mélangée ! » Elle était Chinoise, son père Haïtien et sa mère, Québécoise blanche. Les gens étaient de bonne humeur ; les membres de la famille, les voisins et les amis parlaient et plaisantaient familièrement, et la boisson aidant, les expressions se sont colorées. Denise (une fois enseignante, toujours enseignante) m’a crié à l’autre bout de la table : « Zhimei, couvrez vos oreilles ! Ces mots vous ne devez ni les entendre ni les apprendre. »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Tant pis, je vous donne quelques exemples. Ils disent : « Il pleut à boire debout », ce qui me fait rire. Par contre, quand je dis « It rains cats and dogs » , ils rigolent.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Pour moi, « Il est ben paqueté », est plus facile à prononcer qu’« ivrogne », mais on m’a bien prévenue de ne pas remplacer le premier par le dernier.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">« Violon d’Ingres », est un mot que j’aime parce qu’il me rappelle un instrument de musique, mais je trouve l’expression un peu sophistiquée et académique pour dire hobby.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Sur un T-shirt, « T’a farmes-tu ta yeule » m’a jetée par terre.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Avant que le dernier visiteur ne parte, Chantal, la sœur aînée d’Alain, et Marguerite avaient pratiquement fini de faire la vaisselle. Bientôt, le salon avait retrouvé son ordre initial et il ne restait plus trace de la fête à part les fleurs. Bien que nous ayons reçu 13 personnes un vendredi, combinaison que certains auraient évitée, la soirée était une des plus joyeuses que je n’aie jamais vécue. C’était inoubliable. </span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Le 49<sup>e</sup> Congrès eucharistique international<o:p></o:p></span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Le 22 juin, Alain et moi sommes allés à Québec pour assister à un <em>statio orbis</em> à la fin du 49<u><sup>e</sup></u> Congrès eucharistique international sur le site des Plaines d’Abraham là où James Wolfe, général de <st1:personname productid="la Grande-Bretagne" w:st="on">la Grande-Bretagne</st1:personname> a vaincu l’armée française commandée par Louis-Joseph, Marquis de Montcalm le 12 septembre 1759. Combat décisif dans le conflit entre <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> et <st1:personname productid="la Grande-Bretagne" w:st="on">la Grande-Bretagne</st1:personname> sur la terre qui deviendrait le Canada. Je n’aurais pas pu comprendre les mots <em>statio orbis</em> si je n’avais pas lu le petit prospectus qui disait : <em>Ces deux mots latins, un peu difficiles à traduire, signifient un arrêt, une rencontre de prière à laquelle sont convoqués les catholiques de toute la terre.</em> Il mentionnait aussi que ces mots avaient été rendus célèbres en 1960, par un renommé professeur de théologie, Josef Ratzinger, qui est devenu le pape Benoît XVI, 45 ans plus tard. Le pape s’était adressé à un rassemblement de personnes qui le voyaient sur un grand écran via le satellite.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Même si le temps était fort couvert, nous avons couru le risque, mais en prenant soin d’apporter nos parapluies. Des milliers de gens sont montés sur les Plaines. Dans la procession, il y avait des prêtres et des évêques venus de partout. J’ai vu quelques visages asiatiques, mais je n’étais pas certaine s’ils venaient de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> ou d’ailleurs. <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">La Chine</st1:personname> n’a pas de relation diplomatique avec le Vatican et les Églises y sont contrôlées par l’Association patriotique catholique chinoise (Chinese Patriotic Catholic Association), la seule bureaucratie de catholiques reconnue officiellement par le gouvernement. <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">La Chine</st1:personname> nomme ses évêques sans l’autorisation du pape.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Certains prêtres étaient vieux et frêles, et ils marchaient avec une canne. D’autres, plus jeunes étaient bien équipés de gadgets modernes : cellulaires, appareils photos numériques et eau minérale en bouteille. Un prêtre du Québec était facilement repérable avec son chapeau à la <em>fleur de lys</em>.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Au moment où la parole télévisée du pape a commencé, la bruine s’est transformée en pluie torrentielle. Nos parapluies se chevauchaient partiellement si bien que l’eau dégoulinait sur nous. Le temps que les rituels initiaux soient finis, nous étions prêts à nous asseoir, mais nos sièges étaient devenus des sacs d’eau. Devant nous, une femme en prière s’est mise à genoux dans la flaque. Mais pour nous, il fallait faire un choix : les fesses ou les genoux mouillés. Je préférais rester debout. </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Même si</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"> nous étions gelés et trempés, Alain a écouté attentivement le pape et, en même temps, il a passé la remarque : « Il a fait une erreur politique, il a dit que c’était le 400<sup>e</sup> anniversaire du Canada. C’est le 400<sup>e</sup> anniversaire de Québec. » Le mauvais temps m’a empêchée de me concentrer, je ne me souviens pas de ce que le pape a dit ni en anglais ni en français. « Je ne sais pas comment ils vont donner la communion à ces milliers de gens, » dis-je à Alain. « Peut-être vont-ils l’envoyer du ciel par hélicoptère, » dit-il sur un ton perplexe. L’évêque a lancé dans les haut-parleurs : « Nous avons reçu une grande bénédiction du ciel. » Autre perspective. Des dizaines de prêtres distribuaient l’eucharistie, un acolyte derrière chacun d’eux tenant un parapluie agité par le vent. Les prêtres étaient mouillés, mais « le corps du Christ » restait sec. Après, les gens se sont enfuis dans toutes les directions dans une mer d’imperméables et de parapluies multicolores.</span><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">La visite des trois J</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Jacques, sa femme Jeanne et Jacqueline, une amie de Québec sont venus me visiter dans leur voiture, une Jaguar noire. Les trois J avaient l’air distingués. « Ce sont des amis de Zhimei ? » demandait Alexandre. La voiture l’a impressionné. Pour Jacques, mon ancien patron de SNC-Lavalin, c’était revenir chez lui. Il a habité dans la région de <st1:personname productid="La Pocatière" w:st="on">La Pocatière</st1:personname> pendant deux ans (1960-1962), comme directeur de projet pour la construction des lignes de transmission de Lévis à Rivière-du-Loup. Ce projet a fourni du travail à beaucoup de gens de l’endroit certes, mais malheureusement, ces lignes de transmission passent de chaque côté du Manoir Beaumont, hôtel du patrimoine, 4-étoiles et joyau caché, et en masquent l’apparence.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Jeanne et Jacqueline aimaient le jardin d’Alain, bien entretenu et tout simple. Le petit bassin rempli de poissons qui jouaient à cache-cache parmi les roches ajoutait au charme. Alain m’a expliqué plus tard l’origine du bassin : un jour, fortement contrarié, en arrivant à la maison, il avait creusé un trou dans le jardin. Était-ce pour évacuer la vapeur ou bien pour y ensevelir le patron ? Aujourd’hui, le bassin est devenu un endroit où on peut méditer en paix. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Les visiteurs nous ont invités à souper au restaurant-bar L’Escalier à Lévis en face de Québec, ainsi surnommé parce que, juste à côté, il y avait un escalier de 250 marches, peintes en rouge. Marguerite avouait qu’elle était complètement hors d’haleine après avoir monté et descendu les fameuses marches. Elle était choquée d’entendre un vieil homme dire, « Je les monte les descends quatre fois et je me sens bien. »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Après le souper, nous avons regardé <em>Le Moulin à Images </em>de l’autre côté du fleuve. Des rayons laser projetaient une histoire condensée de Québec sur les murs de ciment des vieux silos le long du fleuve. De loin je discernais les silos et les couleurs des lumières, mais les images étaient confuses. Il me semblait que Jeanne, cependant, pouvait très bien voir de loin. « Oh, c’est le combat sur les Plaines d’Abraham… Avez-vous vu les flammes ?&#8230; c’est le Parlement … les chevaux courent &#8230; oui, oui, à la droite &#8230; c’est Edith Piaf … et l’autre Félix Leclerc… » Elle continuait pendant que moi, je ne voyais rien. Je pense que nous devrions en changer le nom pour <em>Le Moulin à Imagination,  </em>car l’imagination de Jeanne me dépassait. Jacques était hypnotisé par la beauté de la ligne lumineuse des toits de Québec, et il a pris des photos de différents angles pour s’assurer que les lignes de transmission au premier plan n’obstruent pas les images. Alain a formé un télescope avec ses doigts pour mieux voir. Moi, j’aurais souhaité avoir une paire de vraies jumelles. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Jacques, Jeanne et Jacqueline sont partis à temps pour prendre le traversier à Québec. Nous avions tout eu : le beau temps, le souper gastronomique, le vin et, par-dessus tout, la compagnie des trois J. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Suite et… fin la semaine prochaine !</span></p>
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		<title>Zhimei Zhang – « Beaumont : une tache de bleu dans le rouge » – épisode 3</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Nov 2008 13:30:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bloggeur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de Zhimei Zhang, auteure de Ma vie en rouge. Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. Continuons de découvrir cette semaine la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La semaine dernière, je vous présentais un épisode d’un article de <a target="_blank" href="http://www.placedulivre.com/affichage/ficheauteurs.jsp?auteur=Zhimei%20Zhang">Zhimei Zhang</a>, auteure de <em><a target="_blank" href="http://www.placedulivre.com/ma-vie-en-rouge/produit-1108657.htm">Ma vie en rouge</a>.</em> Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Continuons de découvrir cette semaine la suite de ses aventures !<span id="more-557"></span></span></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Épisode 3</span></strong></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Ex-prêtre et ex-religieuses</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">J’allais à l’église Saint-Étienne à Beaumont avec Alain le dimanche. Je ne comprenais pas l’homélie au complet, mais je voulais dire le Notre Père en français. J’ai été présentée aux amis d’Alain comme « <st1:personname productid="la Chinoise" w:st="on">la Chinoise</st1:personname> de Montréal qui vient améliorer son français. »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Alain m’a raconté qu’une fois, il avait dit au prêtre qui avait prononcé une homélie mal préparée à son avis: « Tu dois faire tes devoirs la prochaine fois ! » D&#8217;abord, j’ai pensé qu’il était pas mal courageux, et peut-être même un peu arrogant de critiquer l’homélie d’un prêtre. Plus tard j’ai compris pourquoi.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Un matin après le petit déjeuner, nous avons commencé à bavarder comme d’habitude, alors en buvant le reste de son café à petites gorgées, Alain m’a demandé si je connaissais son histoire. J’ai répondu d’un signe de la tête, en finissant mon thé. « Marguerite m’a mentionné quelque chose et votre fille aussi, mais sans aucun détail. Je ne voulais pas être indiscrète, j’attendais le bon moment pour vous le demander. »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Alain a poussé une porte de la maison où il y avait une fenêtre à treillis, style japonais. Il a ouvert un tiroir et sorti un vieil album avec des photos de lui en 1973 lorsqu’il a été ordonné prêtre. Il était dans la vingtaine, très différent de la personne que je voyais aujourd’hui. Mais, à mon avis, il a plus de charme et de sagesse maintenant.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Son histoire, apparemment si simple, était fascinante et peu orthodoxe à divers égards, mais je pouvais imaginer ce qu’il avait vécu. Alain est un homme intègre, et pour ça je le respecte. Il a eu la volonté de consacrer cinq ans de sa vie à l’Église, et le courage de s’en dégager au bon moment. Alain s’était engagé à travailler pour les pauvres, et il se bat encore pour défendre les droits des enfants de familles défavorisées. « Ces enfants devraient avoir le même droit à l’éducation et, si nécessaire, il faut faire une entorse à certains règlements pour eux. » Alain les a défendus toute sa vie, car il comprend la signification d’être pauvre et sans grande éducation.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Parmi les amies de Marguerite, il y avait deux ex religieuses. Je n’ai pas eu l’occasion de m’entretenir avec elles sur leur passé, mais les deux paraissaient contentes : l’une s’était mariée et l’autre était célibataire. Il n’y a pas si longtemps, l’Église catholique exerçait un pouvoir dominant au Québec. Dans la famille on voulait voir au moins un de ses enfants entrer dans les ordres ou prendre le voile. Beaucoup se sont donc engagés très jeunes, mais sans la maturité pour en comprendre les conséquences. Ma rencontre avec ces femmes m’a rappelée un film de 1947 <em>Black Narcissus</em>. Les religieuses du Sacré-Cœur où j’avais étudié nous avaient interdit de le voir quand il est sorti à Beijing en 1950. Deborah Kerr jouait le rôle d’une religieuse anglicane dans une mission de l’Himalaya. Elle était frustrée sexuellement et avait envie de l’amour d’un homme. À 15 ans, curieuse de voir ce film, j’y suis allée, mais avec mauvaise conscience. Le nom chinois du film était <em>si fan</em> (aspirer à une vie de ce monde), excellente traduction. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris la vraie signification du film quand j’ai ressenti l’immense douleur d’être réprimée sexuellement.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">En parlant avec Alain et ses amis, j’ai appris que 85 pour cent des Québécois se disent catholiques, mais qu’en fait il n’y a que 20 pour cent qui vont à l’église régulièrement. Cependant, j’ai remarqué que les mots <em>catholique </em>et<em> français</em> sont surtout associés aux Québécois. D’ailleurs, Lévis a nommé une de ses grandes rues <em>President Kennedy</em>, pour le premier président catholique aux Etats-Unis et dont la femme était d’origine française.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Dans chaque ville ou village que j’ai visité, il y avait au moins une église. Mais pas de restaurant chinois. Par exemple, dans l’amusante petite ville de Kinnear’s Mills colonisée par les Écossais, les Anglais et les Irlandais, il y a quatre églises  pour une population de 400 habitants : unie (1873), méthodiste (1876), anglicane (1897) et catholique (1950) alors qu’au début, on comptait trois églises pour cinq familles, selon une amie de Marguerite qui le disait avec une pointe de sarcasme. Je ne connais pas les statistiques, mais ça me semble assez près de la réalité.</span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Camillia Sinensis</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Denise est professeure de français, aujourd’hui à la retraite. Elle habite à Berthier-sur-Mer, petit village qui s’étend sur une terre longue comme un lacet de chaussure, à 30 minutes de Beaumont le long du fleuve Saint-Laurent.<span>  </span>Je l’avais rencontrée au Salon du livre à Québec et nous sommes restées en contact. Elle est venue me chercher chez Alain et m’a conduite à Québec. Nous nous sommes arrêtées près de la rue St-Joseph, un quartier défavorisé mais avec une architecture charmante et que Denise trouvait fascinante. Un des édifices,  <em>The Canadian Corset</em> , était une ancienne usine de corsets, et les sculptures autour des fenêtres ressemblaient à des sous-vêtements démodés. Nous avons pris notre lunch dans un petit restaurant <em>Les Bossus</em>, et ensuite, Denise m’a emmenée à sa maison de thé favorite <em>Camellia Sinensis</em>. Bien que je boive le thé tout le temps, je ne suis pas du tout connaisseure. J’ai étudié leur longue liste des thés. Quelques-uns étaient familiers, d’autres non, et j’ai trouvé un thé noir le <em>qimen. </em>« C’était le favori de ma mère ! » J’étais au comble de la joie. « Nous pouvons le prendre aujourd’hui.» Denise était aussi ravie que moi. Nous avons regardé le jeune homme derrière le comptoir verser l’eau chaude dans la théière de terre cuite de Yixing (purple-sand) et réchauffer les tasses avec la première infusion, d’une manière raffinée. C’était amusant de voir un Occidental intégrer l’élégance de la culture chinoise du thé à la sienne. Il m’a dit : « Madame, je ne voudrais pas être indiscret, mais votre visage m’est familier. Êtes-vous une auteure ? » J’ai fait un signe de la tête. « Je suis en train de lire votre livre. Ma femme et moi revenons continuellement aux pages qui montrent votre photo, car il semble y avoir une aurore boréale dans votre sourire. » J’étais drôlement flattée. « Maintenant, je peux m’imaginer votre mère jouant le mahjong et buvant le <em>qimen</em> à petites gorgées. » J’ai senti une forte synergie passer entre nous, un courant harmonieux au milieu d’amateurs de thé. Il s’appelle Philip. « Viens, regarde qui est ici ! » il a fait signe à Jasmin, le propriétaire qui va en Chine régulièrement pour acheter son thé directement chez les planteurs pour s’assurer qu’il obtient les récoltes de la saison et non des produits dérivés. Je suis certaine que sa mère n’aurait pas pu imaginer qu’un jour le thé <em>jasmin</em> jouerait un rôle dans la carrière de son fils.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Le <em>qimen</em> tel que Philip l’a préparé, était juste ce qu’il fallait. Je voulais en acheter un paquet pour apporter à Montréal, mais Jasmin m’en cachait le prix. Il a mis dans un sac de papier aluminium et emballé sous vide beaucoup plus que l’once que j’avais demandée. « C’est un cadeau, » dit-il, me donnant le sac. L’arôme d’une petite tasse de <em>qimen </em>a éveillé le souvenir de ma mère et tous les sentiments nostalgiques liés au thé. Depuis que je suis au Canada, c’était la première fois que je goûtais le <em>qimen. </em>« Dans mes conférences, je vais continuer à présenter votre livre, » dit Jasmin alors qu’on se dirigeait vers la porte. J’ai réalisé encore une fois que le contact avec les gens est la meilleure promotion qui soit. La touche humaine.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Après le Camellia, nous sommes allées voir le film <em>Sex à New York</em>, version française. Changement radical après l’heure du thé si délicate. « Avez-vous tout compris ? » m’a demandé Denise plus tard. « Presque tout, mais il y a beaucoup de scènes qui parlent d’elles-mêmes.»</span></p>
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		<title>Zhimei Zhang – « Beaumont : une tache de bleu dans le rouge » – épisode 2</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 15:04:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bloggeur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière, je vous présentais un extrait d’un article de Zhimei Zhang, auteure de Ma vie en rouge. Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. Je vous propose de découvrir cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">La semaine dernière, je vous présentais un extrait d’un article de <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Zhimei%20Zhang">Zhimei Zhang</a>, auteure de <em><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0642180">Ma vie en rouge</a>.</em> Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Je vous propose de découvrir cette semaine la suite de ses aventures !<span id="more-547"></span></span></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Épisode 2</span></strong></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Voyage dans l’inconnu</span></u></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"></span></u></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"><o:p></o:p></span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Deux semaines plus tard, j’ai mis dans ma valise des vêtements sport pour la campagne et j’étais prête à partir pour Beaumont. Ma maison était propre, mon frigidaire vide, et je suis allée souper chez Andy’s au coin de la rue. Manger seule chez moi ne me dérangeait pas, mais dans un restaurant, non. Je me suis assise en face d’une table à trois. Un homme et deux femmes, dont l’une était la femme du propriétaire, discutaient. L’homme parlait fort et sans arrêt, un ti-Jo-connaissant. Un peu assommant, mais je restais absorbée dans mes propres pensées. Je rêvais et je revivais le même sentiment qu’à la veille de quitter <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> en 1985. Voyage dans l’inconnu. Sauf qu’à ce moment-là, il n’y avait pas de retour possible. Maintenant j’avais une place où je pouvais revenir. « Est-ce que je prends des risques ? » Plusieurs de mes amis pensaient qu’il était audacieux d’aller seule dans un endroit inconnu. Mais une voix intérieure me répétait : « Vas-y. Il n’y a pas de mal à ça. Les portes te sont ouvertes. » J’ai suivi mon instinct. Comme d’habitude.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Le lendemain, 30 mai, Nicole, la fille de mon ami Marcel, m’a offert de me conduire à Beaumont. Il faisait beau et nous nous sommes beaucoup amusées pendant les trois heures de route. Arrêt Aux Vieux Puits à Lévis pour le lunch. J’ai essayé d’appeler Alain plusieurs fois, mais sans succès. J’ai revérifié le numéro et la cinquième fois j’ai réussi. Je lui ai demandé la route. « Tout droit au feu rouge clignotant. » Mais à cause de ma compréhension limitée de l’accent québécois, j’ai compris « tourne à droite ». Finalement, nous sommes arrivées à un terrain de camping à l’autre bout du village, et la réceptionniste nous a dirigées chez Alain. Ici tout le monde connaît tout le monde. En arrivant chez lui, j’ai remarqué que le parterre devant la maison me paraissait différent cette fois. Les fleurs étaient écloses.</span><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Un symbole représentatif</span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Ma chambre avait été rangée soigneusement avec juste assez de meubles. Sur le mur il y avait une mosaïque de Jésus Christ, un poème laminé de Félix Leclerc de 1987 « Interdite <st1:personname productid="La Langue Française" w:st="on">La Langue Française</st1:personname> au Québec », un encadrement batik d’une femme indienne et un miroir, petit, mais assez grand pour faire voir mes rides. Sur la chaise de cuir, il y avait un jeté bleu et blanc portant le drapeau « fleur de lys » et le mot « bienvenue » dans les deux langues. Était-ce là pour m’accueillir, pour m’annoncer l’allégeance politique du propriétaire, ou pour couvrir la chaise usée ? Il y avait aussi un Shiva sur le buffet. La base de la lampe sur la petite table était une sculpture de bois représentant une vieille femme enveloppée d’un châle et assise à côté d’une horloge Grand-Père qui affichait 11 h 05. Son visage était heureux et charmant, et elle avait l’air perdue dans ses pensées. À côté de la lampe, un petit paquet de bonbons au sirop d’érable. Comment aurait-il pu savoir que je n’aimais pas le sirop d’érable ? Par contre, à mon grand soulagement, il y avait une toilette et une douche en bas.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">En faisant le tour de la maison, j’ai trouvé plusieurs symboles de la fleur de lys et trois « OUI » sur le mur à côté du piano. C’était le signe du référendum de 1995, au moment où un « oui » ou un « non » à l’indépendance du Québec déterminerait l’avenir de la province et du pays. Les NON ont gagné par une très mince majorité : 50.58% à 49.42%. Assurément, c’était la maison d’un souverainiste, et pourquoi pas. Ça me donnerait une excellente occasion de comprendre pourquoi beaucoup de Québécois aspirent à leur indépendance.</span><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Pèlerinage</span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Bien qu’à la retraite, Alain est maintenant président d’une commission scolaire, et il assiste fréquemment à des réunions. Ne voulant pas me laisser seule, il m’a présentée à Marguerite, la copine de son défunt père. Du même âge que moi, Marguerite est chaleureuse et joviale. Toujours sur la trotte, elle m’a emmenée dans plusieurs de ses tournées avec ses amies. Nous avons visité une douzaine de petites villes et villages. Je suivais le mouvement. Elles parlaient vite et je n’étais pas toujours capable de les suivre, mais c’était un excellent exercice pour mon oreille et j’ai ainsi pu découvrir les sujets qui les intéressaient. Je sais maintenant que les Québécois sont très « famille » et que Marguerite a une collection d’amies dont les noms finissent par « ette » : Hugette, Lucette, Lisette, Louisette, Laurette et maintenant Zhimette.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR">Notre première sortie fut un pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré où nous nous sommes rendues en autobus rouge , baptisé <em>La Québécoise. </em>C’était le lieu de pèlerinage le plus populaire au Nouveau Monde, un site du XVIIe siècle où les gens vouaient un culte à Sainte-Anne et demandaient des faveurs. Des marins naufragés en avaient commencé la construction en 1620 ; la première église a été consacrée en 1658 et la dernière, en 1922. « C’est votre jour de prière » dit Marguerite et vu que le dépliant annonçait des confessions, j’ai imaginé me confesser en chinois. Dieu comprendrait sûrement. C’était censé être une blague, mais alors que nous remplissions une demande de faveur, Marguerite m’a suggéré de l’écrire en chinois, ce que j’ai fait.</span><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial Unicode MS'">愿主祝福我周围的人，让梦想成真。</span> <span style="font-size: 10pt; font-family: Arial" lang="FR"> <em>Que Dieu bénisse tous ceux qui m’entourent et qu’il me donne ce que je souhaite.</em> Mais qu’est-ce que je souhaite vraiment de Beaumont ?…Ensuite, nous sommes allées chercher un petit café  <em>Péché Mignon</em>. Jouer avec les mots dans cet endroit sacré m’amusait beaucoup.</span></p>
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		<title>Je reviens te chercher</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Oct 2008 16:29:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>
		<category><![CDATA[roman contemporain]]></category>

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		<description><![CDATA[En tant que fan de Guillaume Musso, je ne pouvais pas passer à côté de son dernier livre, Je reviens te chercher. Lire Guillaume Musso, c&#8217;est comme boire une bonne tasse de chocolat chaud, prendre un bon bain moussant ou encore se faire masser les pieds. C’est du plaisir assuré ! Certes, le style d&#8217;écriture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2008/10/guillaume-musso.thumbnail.jpg" alt="Guillaume Musso" /></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">En tant que fan de <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Guillaume%20Musso">Guillaume Musso</a>, je ne pouvais pas passer à côté de son dernier livre, <em><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0599577">Je reviens te chercher</a></em>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Lire Guillaume Musso, c&#8217;est comme boire une bonne tasse de chocolat chaud, prendre un bon bain moussant ou encore se faire masser les pieds. C’est du plaisir assuré ! Certes, le style d&#8217;écriture est très accessible et les ingrédients de ses bouquins sont souvent les mêmes : une bonne dose de surnaturel, de l’amour et une ambiance particulière mais je ne m’en lasse pas. Je suis vaincue Guillaume, tu me touches droit au cœur avec chacun de tes livres !<span id="more-537"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Ethan Whitaker a eu l&#8217;audace de tout abandonner pour se refaire une vie plus enviable. Un jour où tout semble normal, il est assassiné, et c&#8217;est alors que l&#8217;impensable se produit : il a la chance inouïe de revivre sa dernière journée de vie. Pendant ces 24 heures, il cherchera à trouver des réponses à toutes les questions qui lui permettraient de mieux comprendre son existence. Peut-être même pourra-t-il changer sa destinée et retrouver la femme qui, jadis, lui a volé son cœur&#8230; </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">« Dépêchez-vous de vivre, dépêchez-vous d&#8217;aimer. Nous croyons toujours avoir le temps, mais ce n&#8217;est pas vrai. Un jour nous prenons conscience que nous avons franchi le point de non-retour, ce moment où l&#8217;on ne peut plus revenir en arrière. Ce moment où l&#8217;on se rend compte qu&#8217;on a laissé passer sa chance&#8230; »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">C’est le coup de cœur de Stéphanie, membre du comité de lecture :</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">« Avec un mélange de suspense, de surnaturel et d&#8217;amour, Guillaume Musso m&#8217;a fait réfléchir sur ma propre vie ! Dans ce fabuleux roman, chaque petit geste peut changer le cours de la vie, ce qui m&#8217;a donné envie de croire au destin et au karma. Une lecture divertissante et surprenante. J&#8217;ai adoré ! »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Monique de la boutique Laurier est également sous le charme :</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">« Comme à son habitude Guillaume Musso accorde une grande part d&#8217;humanité à ses personnages, ce qui les rend particulièrement attachants. Autour d&#8217;eux, suspense, amour et émotions se combinent pour nous entraîner vers un dénouement surprenant. J&#8217;ai vraiment adoré.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Tout comme Sylvie de la boutique Saint-Bruno :</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">« Y-a-t-il une vie après la mort ?<br />
Guillaume Musso semble croire que oui et&#8230; trois plutôt qu&#8217;une !!!<br />
Du début à la fin, l&#8217;auteur nous entraîne dans cette obsession constante de vouloir comprendre les évènements pour mieux en changer le cours par la suite&#8230;<br />
Une délicate course contre la montre attend son personnage dans cette quête où l&#8217;amour, la culpabilité, la violence et les mystères s&#8217;entremêlent&#8230;<br />
Un roman où le temps a toute son importance et où le destin prend toute sa place&#8230;<br />
Un roman qui, assurément, ne laissera personne indifférent&#8230; »</span><br />
<span style="float: right; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2008/10/je-reviens-te-chercher.thumbnail.jpg" alt="Je reviens te chercher" /></span><br />
<span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Découvrons ensemble un extrait :</span></p>
<p><em><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Imaginez&#8230;<br />
New York.<br />
L&#8217;effervescence de Times Square.<br />
Les cris, les rires, la musique.<br />
Les odeurs de pop-corn, de hot dog, de fumée.<br />
Les néons, les écrans géants, les enseignes lumineuses sur les façades des gratte-ciel.<br />
Les embouteillages, les taxis, les sirènes de police et les coups de klaxon.<br />
Et puis la foule qui écrase et qui bouscule. Un flot continu de touristes, de vendeurs à la sauvette et de pickpockets.<br />
Vous êtes l&#8217;un des grains de sable de cette foule.<br />
Vous avez vingt-trois ans.<br />
Sur le trottoir, à deux mètres devant vous, déambulent votre fiancée et votre meilleur ami. Elle s&#8217;appelle Marisa. Vous sortez ensemble depuis la première année de lycée et votre mariage est prévu pour la fin du mois. Avec Jimmy, c&#8217;est encore plus ancien : vous avez été élevés ensemble, dans le même quartier ouvrier du sud de Boston.<br />
Ce soir, c&#8217;est votre anniversaire. Pour vous faire plaisir, ils ont organisé cette petite virée à Manhattan et vous avez fait le trajet depuis Boston dans une vieille Mustang déglinguée.<br />
Vous n&#8217;avez que vingt-trois ans, mais déjà votre existence vous apparaît formatée et sans espoir.<br />
Il faut dire qu&#8217;à votre naissance, les fées ne se sont pas bousculées autour de votre berceau. Vos parents ont trimé toute leur vie, mais ça n&#8217;a pas suffi pour vous payer des études et, depuis la fin de votre scolarité, vous travaillez sur des chantiers avec Jimmy. Votre quotidien, c&#8217;est les sacs de ciment, les échafaudages, la transpiration et les engueulades du contremaître.<br />
Vos loisirs ? Boire quelques bières après le travail, accompagner Marisa au supermarché, faire une partie de bowling deux fois par semaine avec les copains.<br />
Un peu étourdi, vous vous laissez porter par la foule, la tête en l&#8217;air, hypnotisé par les lumières. Sur les écrans qui clignotent, des publicités pour des voitures que vous ne conduirez jamais, des montres de luxe qui valent dix fois votre salaire, des fringues portées par des femmes sublimées qui ne croiseront jamais votre regard.<br />
Votre avenir ? C&#8217;est un mariage sans passion, deux ou trois enfants, vous crever à la tâche pour rembourser l&#8217;emprunt immobilier qui servira à acheter un pavillon que vous n&#8217;aimerez pas.<br />
Et vous continuerez à jouer au bowling, à boire des bières, à refaire le monde avec Jimmy sans y participer vraiment.<br />
Vous n&#8217;avez que vingt-trois ans et vous êtes déjà englué dans une vie qui ne vous correspond pas. Depuis longtemps, vous vous sentez différent du monde qui vous entoure. Ce n&#8217;est pas que vous méprisez votre famille ou vos amis. C&#8217;est autre chose : l&#8217;humiliation d&#8217;être pauvre que vous ressentez comme un affront permanent. Cela n&#8217;affecte ni Marisa ni Jimmy qui se plaisent à répéter : « On est peut-être pauvres, au moins on est heureux. »<br />
Mais est-ce si sûr ?</span></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Zhimei Zhang – « Beaumont : une tache de bleu dans le rouge » – épisode 1</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 13:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bloggeur invité</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entrevue d'auteur]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>

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		<description><![CDATA[Zhimei Zhang, auteure de Ma vie en rouge, est citoyenne canadienne depuis 1989. Maintenant à la retraite, elle vit à Montréal. Son ouvrage, paru d&#8217;abord en anglais, a reçu le Prix de l&#8217;essai de la Quebec Society for the Promotion of English Language Literature (QSPELL) en 1993. Suite à son séjour à Beaumont en juin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=Zhimei%20Zhang">Zhimei Zhang</a>, auteure de <em><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0642180">Ma vie en rouge</a></em>, est citoyenne canadienne depuis 1989. Maintenant à la retraite, elle vit à Montréal.<br />
Son ouvrage, paru d&#8217;abord en anglais, a reçu le Prix de l&#8217;essai de <st1:personname productid="la Quebec Society" w:st="on">la Quebec Society</st1:personname> for the Promotion of English Language Literature (QSPELL) en 1993. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Suite à son séjour à Beaumont en juin dernier, Zhimei a rédigé un article dans un journal hebdomadaire chinois à Montréal sur son immersion dans la culture francophone au Québec.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Zhimei Zhang a eu la gentillesse de nous autoriser à publier son article. Je vous propose de découvrir un épisode chaque semaine.</span><span id="more-535"></span></p>
<p><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Épisode 1</span></strong></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">« Qui aurait dit qu’à 72 ans je serais si fière d’apprendre le français ? » c’est ainsi que Réjean Léveillé me citait dans son article de la revue Dernière Heure du numéro de mars 2008.</span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le lien</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">20 avril 2008, ville de Québec. J’étais au Salon du livre pour promouvoir mon ouvrage Ma Vie en Rouge, version française de FOXSPIRIT. C’était une première pour moi, « mon baptême du Salon du livre » et j’étais au comble de la joie. « Tu devrais avoir un meilleur stylo pour un événement comme ça, » m’a dit Gilles Jobidon, écrivain réputé et traducteur de mon livre, quand il a vu mon crayon à bille qui aurait pu être celui de mon petit-fils. Je riais. Comment avais-je pu oublier une chose aussi importante !</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Une entrevue avait été organisée pour moi avec Mme Danielle Bombardier de Radio-Canada. C’était dans un coin de l’aire ouverte, là où les visiteurs circulent librement, et le temps pour chaque entrevue était limité à 15 minutes. Malgré ma nervosité et mes imperfections, j’ai tenté de parler français. Mais je devais m’arrêter au milieu de l’entrevue et revenir à l’anglais quand l’élaboration de détails devenait nécessaire. C’était décourageant.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">J’ai remarqué que ce sont les femmes surtout qui achetaient mon livre. À la fin de l’entretien, j’ai insisté pour dire que bien qu’il ait été écrit par une femme, ce n’était pas un livre pour les femmes seulement. Cette remarque a dû capter l’attention des quelques hommes dans l’auditoire, car ils sont arrivés plus tard.</span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Beaumont – Choix ou Bénédiction ?</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">J’étais au comptoir, je signais des livres et je parlais avec Gilles Jobidon. Certains croyaient que c’était le journaliste de Radio-Canada qui porte le même nom. En réalité, les deux ne se ressemblent pas. Plus tard, j’ai rencontré Gilles Jobidon, le journaliste, au Grand Chœur des 400 voix à l’église St-Roch.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Parce que j’étais mécontente de ma performance à l’entrevue, je me suis interrogée sur une façon de m’améliorer. L’immersion française naturellement. Je me souvenais qu’en 1987, ma fille Luna était allée à Jonquière dans la région du Saguenay, et elle avait habité dans une famille québécoise pendant un an où elle a acquis une bonne maîtrise du français et en plus, elle est tombée amoureuse d’un Québécois. Maintenant, ça serait le tour de la mère. </span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Je disais justement à Gilles que je cherchais un foyer francophone qui pourrait m’héberger quand j’ai entendu une voix qui venait de la foule : « Venez chez nous. » J’étais très surprise. La voix venait d’un homme barbu et aux cheveux gris, mais qui camouflait son âge. J’ai presque dit oui tout de suite. Il avait un regard tellement sincère. « Non, non, je me disais, ne fais pas de bêtises, tu ne le connais pas.» Nous avons échangé nos numéros de téléphone et adresses courriel. « Ça, c’est permanent, » dit-il en indiquant son adresse courriel, qui portait son année de naissance. Mon adresse courriel était du même modèle que la sienne. Selon le zodiaque chinois, nous étions nés tous les deux l’année du cochon, sauf avec un cycle de douze ans de différence. Juste au moment où il partait, j’ai crié : « Monsieur,  je vous paierai. » Je voulais qu’il comprenne que je n’allais pas m’imposer, mais il faisait non de la tête et il est parti.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Alain vit à Beaumont, un petit village au Québec le long du fleuve Saint-Laurent. Il a deux enfants qui vivent avec lui, une fille de 24 ans et un fils de 22 ans.</span></p>
<p><u><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Tournée d’inspection</span></u></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Alain et moi avons échangé plusieurs courriels, sans rien planifier, mais je voulais quand même faire une « tournée d’inspection » d’abord. Francine, ma professeure de français m’a offert de me chaperonner. Le 14 mai, nous avons donc pris l’autobus de Montréal jusqu’à Beaumont. Nous sommes descendues devant un restaurant. Juste comme je le cherchais, un homme vêtu d’un jeans et d’un T-shirt froissé s’est approché de nous. « Est-ce que c’est lui ? » Il avait l’air différent de celui j’avais vu au Salon du livre. « Monsieur Grenier ? »</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Après être montées dans sa voiture, nous sommes rentrées chez lui. Sa fille Andréanne et son fils Alexandre étaient à la maison. Francine qui est québécoise parlait avec enthousiasme et aisance avec Alain, et moi, j’observais sans dire grand-chose. Sans doute, ses enfants pensaient-ils qu’il était fou de m’avoir fait une telle offre. Mais Alain avait l’air content de nous recevoir dans son bungalow situé sur un grand terrain et dont le sous-sol était habitable. Autrefois, c’était une ferme agricole, mais il en a fait un jardin de fleurs et de légumes avec un petit bassin et une piscine hors-terre. Andréanne nous a préparé un délicieux repas de crêpes et d’asperges. Ensuite, nous avons fait le tour du village, et Alain nous présentait à chaque personne que nous rencontrions. Le village entier saurait bientôt qu’une femme chinoise, la première et la seule, allait venir faire un séjour d’immersion française.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">De taille moyenne mais costaud, Alain a le cœur jeune et curieux, beaucoup d’humour, et un esprit tout a fait libre. Il adore la musique. Sa voix agréable et son sourire contagieux lui permettent de demander ce qu’il veut sans hésiter. «  Je n’aurai pas l’occasion d’aller en Chine, mais <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> vient à moi. » m’a-t-il avoué avoir pensé plus tard.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Alain m’a montré ma chambre au sous-sol, sans mentionner s’il y avait une toilette ou non, et moi j’étais trop timide pour le demander. « J’espère que je ne devrai pas monter la nuit, dis-je à Francine plus tard, sinon, il me faudra un pot de chambre. » « Qu’est-ce que tu vas faire le matin ? » m’a demandé Francine, qui m’a prise à moitié au sérieux. « Je vais le jeter par la fenêtre. De toute façon, Alain a un grand jardin qui a besoin d’être fertilisé. » Je n’avais pas d’autres soucis. Je me sentais confortable bien que ce soit un endroit différent et pas trop organisé. « À Beaumont, fais comme les Beaumontois.  En mettant les choses au pire, je resterai une semaine plutôt qu’un mois. »</span></p>
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		<title>Le contrat</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Oct 2008 13:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphanie</dc:creator>
				<category><![CDATA[Description d'un livre]]></category>
		<category><![CDATA[extrait]]></category>
		<category><![CDATA[suspense]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du dernier livre de John Grisham, Le contrat. Le dernier Grisham ouvre sur le triomphe du bien sur le mal : les douze jurés du tribunal de Hattiesburg ont condamné lourdement Krane Chemical pour avoir empoisonné l&#8217;eau d&#8217;une ville et provoqué des cancers par dizaines. Justice est faite&#8230;, semble-t-il. Mais Carl [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="float: left; padding: 4px"><img src="http://blogue.placedulivre.com/wp-content/uploads/2008/10/le-contrat.thumbnail.jpg" alt="Le contrat" /><br />
</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du dernier livre de <a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/auteursduclub.jsp?auteur=John%20Grisham">John Grisham</a>, <em><a target="_blank" href="http://www.quebecloisirs.com/affichage/affichagelong.jsp?produitAccedeAvecCatalogue=0722381">Le contrat</a></em>.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le dernier Grisham ouvre sur le triomphe du bien sur le mal : les douze jurés du tribunal de Hattiesburg ont condamné lourdement Krane Chemical pour avoir empoisonné l&#8217;eau d&#8217;une ville et provoqué des cancers par dizaines. Justice est faite&#8230;, semble-t-il. Mais Carl Trudeau, propriétaire de Krane Chemical, est prêt à tout pour que le jugement en appel tourne en sa faveur. Même à manipuler <st1:personname productid="la Cour" w:st="on">la Cour</st1:personname> suprême du Mississippi. Le plan qu&#8217;il imagine alors est à la mesure des difficultés. Son instrument est Ron Fisk. Sympathique, séduisant mais naïf, ce gentil père de famille accepte le financement de sa candidature au poste de juge en échange d&#8217;un vote favorable dans l&#8217;affaire Krane Chemical. Ce n&#8217;est que dans le cours du procès en appel qu&#8217;il comprend la portée de sa compromission&#8230; Trop tard.<span id="more-531"></span></span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Jamais encore John Grisham n&#8217;avait mis tant d&#8217;habileté à décrire le côté sombre de l&#8217;âme humaine. Il ne cache pas l&#8217;ambivalence et les faiblesses du héros, mais plus que jamais, il va jusqu&#8217;au bout de sa démonstration, implacable, quitte à faire triompher le mal et les puissances corrompues de l&#8217;argent. Un monde terrifiant, et pourtant si réaliste&#8230; Un thriller juridique qui a la dureté d&#8217;un diamant noir.</span></p>
<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Je vous propose d’en découvrir un extrait :</span></p>
<p><em><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Le jury était prêt.<br />
Après quarante-huit heures de délibérations, au terme de soixante et onze jours de procès, dont cinq cent trente heures de dépositions sous serment d&#8217;une quarantaine de témoins, après une éternité passée à écouter en silence les avocats marchander et le juge les sermonner sous les regards avides d&#8217;une salle en quête du moindre signe révélateur, le jury était prêt. Enfermés en salle de délibération, coupés du monde, protégés, dix jurés avaient signé le verdict de leur nom &#8211; les deux autres boudaient dans leur coin, exclus et piteux dans leur dissidence. Il y eut des étreintes, des sourires, et maints témoignages d&#8217;autosatisfaction, car ils avaient survécu à la lutte et pouvaient désormais faire leur retour dans l&#8217;arène.<br />
Grâce à leur détermination absolue et à la recherche obstinée d&#8217;un compromis, ils avaient su imposer in extremis une décision. Leur supplice était terminé, leur devoir civique accompli. Ils avaient servi la collectivité, et au-delà. Ils étaient prêts.<br />
Le président du jury frappa à la porte et Oncle Joe s&#8217;ébroua, brusquement tiré de son sommeil. Oncle Joe, le très vieil huissier, avait monté la garde, mais veillé aussi à l&#8217;organisation des repas, écouté les griefs et glissé discrètement les messages au juge. La rumeur voulait que, dans son jeune temps, à l&#8217;époque où il n&#8217;était pas si dur d&#8217;oreille, Oncle Joe ait épié les délibérations de ses jurés à travers la porte, la mince cloison de pin choisie et installée par ses soins. Mais cette époque était révolue. Ainsi qu&#8217;il l&#8217;avait confié à sa femme et à personne d&#8217;autre, une fois terminé le supplice de ce procès, il risquait fort de raccrocher son arme de service une fois pour toutes. La fatigue nerveuse liée à la surveillance du bon déroulement de la justice l&#8217;avait laissé sans force.<br />
Il sourit.</span></em></p>
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